Musique / Festivals La Belgique détient depuis quelques années le record européen du nombre de festivals musicaux par habitant. Chaque commune, chaque champ, chaque place de village et même chaque cour d’école constituent désormais un terrain de jeu potentiel pour musiciens. Face à la montée en puissance de ce phénomène, certains n’hésitent pas à évoquer une “festivalisation” de la culture, ou à tout le moins de la musique live, que les plus jeunes consomment de plus en plus de façon boulimique.

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Le critère de sélection n’est plus nécessairement l’artiste, mais l’offre globale, l’ambiance générale, voire l’identité des festivals qui ont tout intérêt à se spécialiser pour tirer leur épingle du jeu. Dans cette offre surabondante, on retrouve donc de tout : des grosses machines bien chères, des rassemblements familiaux, des programmations pointues et bien entendu des festivités multi-genres. Car le festival n’est plus uniquement une ode à la musique et à la fête, c’est également un outil marketing, un instrument politique, une arme de revendication sociale, et surtout un business qui roule.

Pour vous aider à vous retrouver dans cette armée de festivités, Let it Sound vous propose tout au long de la semaine une petite classification par profil de festivalier. Ce vendredi, le "mélomane indé" ou plus largement, le fan de musique alternative.

Le mélomane indé

Quel est le point commun entre un accordéoniste bosniaque, un brass band allemand et un groupe de post-rock brésilien ? Le festival de Dour, qui propose de loin le plus beau réservoir de découvertes de l’été. La programmation est pléthorique – plus de 230 groupes répartis sur cinq jours – et a le mérite de limiter les têtes d’affiche (M.I.A, Die Antwoord, Justice, NAS) pour se payer des groupes qu’on ne retrouve nulle part ailleurs (Group Doueh et Cheveu, FAIRE, Meute, Sevdaliza…) tout en conviant des grands noms de la musique électronique (Carl Craig, Jon Hopkins, Solomun, Dixon et Tale Of Us qui se produisent tous le dimanche 16 juillet).



Sur la forme, difficile donc de trouver une cohérence. Les sept scènes installées sur la Plaine de la machine à feu verront défiler mi-juillet des artistes issus de tous les horizons musicaux possibles et imaginables. Sur le fond, on constate toutefois que la cohérence vient de la fraîcheur qui se dégage de l’ensemble et des véritables prises de risque des programmateurs qui sont parvenus à donner à chaque scène, une identité spécifique tout en bardant les festivaliers de trouvailles.



Sorte d’alternative flamande à Dour, le Pukkelpop a fort évolué depuis quelques années, pour proposer de plus en plus de grosses machines (Cypress Hill, Mumford and Sons...) et de moins en moins de découvertes (ABRA, Fakear, Cocaine Piss,...). Ce qui n’empêche pas d’y retrouver des artistes passionnants comme Ty Segall, PJ Harvey, Stormzy, Omar Souleyman et les frères Kalkbrenner. Dans un genre diamétralement opposé, “Deep in the woods” proposera en septembre, des artistes pointus... au beau milieu des bois.

A suivre: "j'écoute un peu de tout' (samedi) et le jazzman (dimanche).