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Richard III, portrait d'un dictateur

N.B.

Publié le - Mis à jour le

Shakespeare avait 29 ans lorsqu'il écrivit «Richard III». Il y dépeignait le dernier roi de la lignée des Platagenet comme un monstre sanguinaire, conformément à l'image que l'on avait de lui à l'époque des rois de la maison Tudor. Loin de chercher à dresser un portrait historique conforme à la réalité, la pièce révèle les mécanismes du pouvoir et passe en revue toutes les qualités que devrait posséder un bon souverain. «Richard III» acquiert ainsi une dimension intemporelle qui a séduit le compositeur italien Giorgio Battistelli comme d'autres pièces de Shakespeare avaient, avant lui, séduit d'autres compositeurs italiens, le plus illustre étant évidemment Verdi.A la différence de ses prédécesseurs, Battistelli a toutefois accepté que son librettiste, Ian Burton, garde l'anglais comme langue véhiculaire et reste aussi proche de Shakespeare que possible. Certes, les impératifs musicaux sont tels que Burton a dû couper plus de deux tiers de la pièce, éliminant complètement certains personnages (Marguerite d'Anjou notamment) et développements narratifs (comme la partie de la pièce où Richard fait la cour à la reine Elizabeth dans l'espoir de conclure une union dynastique avec sa fille).Burton a, par contre, amplifié les trois scènes de couronnement (Edward IV, Richard lui-même et Henry VIII) en donnant à chacune une atmosphère particulière, histoire de retracer la progression de Richard tout au long du drame musical. Il a également imaginé plusieurs scènes non présentes dans l'original afin de faire intervenir les choeurs.

Le livret laisse à Battistelli, disciple de Henze et Berio déjà auteur notamment de «Prova d'orchestra» (d'après le film de Fellini) et «Impressions d'Afrique», l'occasion d'expressions musicales multiples: airs en solo, des duos, trios, conflits, apparitions de fantômes, spectacles de Cour, messes de requiem, chants grégoriens interprétés par des moines, etc. La direction musicale sera confiée à Luca Pfaff, spécialiste des oeuvres contemporaines, et la mise en scène à Robert Carsen.

© La Libre Belgique 2005

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