Les salles de spectacle vont à nouveau pouvoir ouvrir leurs portes ! Enfin, entrouvrir, puisque deux cents personnes au maximum pourront pénétrer dans les différentes salles de concert à partir du 1er juillet, tout en respectant les règles de distanciation. Ce qui ne fait, concrètement, les affaires de personne.

"Ça ou rien, c’est du pareil au même, se désole Fabrice Lamproye, qui a cofondé le Reflektor à Liège. Honnêtement, ça ne nous avance pas à grand-chose. Il y a de toute façon très peu de concerts en salle pendant l’été puisque c’est la période des festivals. Ce que le secteur attend réellement, c’est un calendrier graduel, à court et long terme, pour pouvoir envisager une réouverture totale en septembre."

Le secteur reste sur sa faim

Comme l’expliquait dans nos colonnes le programmateur du Botanique bruxellois, Paul-Henri Wauters, il y a deux semaines, "rouvrir avec une place sur deux ou sur trois, c’est compliqué, artistiquement, logistiquement et financièrement. La reprise pleine et entière ne pourra se faire que lorsqu’il n’y aura plus de distanciation sociale."

L’ensemble du secteur, qui aurait aimé être fixé rapidement, reste donc très largement sur sa faim. "Si la situation continue à s’améliorer sur le plan sanitaire, nous pourrons envisager une reprise en septembre", ajoute Fabrice Lamproye "mais on nous le dira trop tard, pour que ça puisse se faire dans de bonnes conditions. À Liège, nous avons le Reflektor, mais aussi le Mithra Jazz Festival, dans différentes salles, du 10 au 13 septembre, et nous devons absolument être fixés avant la fin de ce mois-ci pour qu’il puisse avoir lieu."

Même son de cloche du côté de l’Ancienne Belgique (Bruxelles), traditionnellement fermée en été, qui accueille actuellement les étudiants de la KULeuven pour leurs examens, dans sa grande salle. "Pour l’instant, une vingtaine de concerts sont programmés en septembre, mais on ne sait pas dire s’ils auront lieu", précise son porte-parole Jens Van den Wyngaert. "Nous travaillons sur un programme alternatif (répétitions, artistes en résidence…). L’annonce de mercredi ne change pas grand-chose."

Pas de clubbing avant le 31 août

"On ne peut plus nous ignorer ", s’indignaient plusieurs représentants de la nuit bruxelloise (bars, clubs, organisateurs de soirées…) dans un communiqué publié ce mardi. La veille d’un Conseil national de sécurité qui a une nouvelle fois écarté les clubs et soirées des mesures de déconfinement immédiates, puisque Sophie Wilmès (MR) a clairement indiqué que "les clubs, fêtes et discothèques où la distanciation ne peut être appliqué e" resteraient fermés jusqu’à la fin août.

"Quelque part, c’est déjà un point positif", estime Lorenzo Serra, acteur ancestral de la vie nocturne de la capitale et porte-parole de la Fédération Brussels By Night. "Au moins, on nous a mentionnés, ce qui revient à reconnaître que le secteur existe et qu’il faut en parler. Ce que nous aimerions, maintenant, c’est pouvoir lancer les discussions sur base de nos spécificités. La distanciation sociale est contraire à l’ADN du clubbing. Il faut en tenir compte et discuter de la méthodologie à appliquer, la date possible de réouverture réelle… J’ajoute, que - comme on le voit aujourd’hui - beaucoup de personnes sont déjà en train de déconfiner. On voit des rassemblements dans des parcs, des fêtes dans des appartements… C’est plus dangereux que si ces rassemblements avaient lieu dans des structures professionnelles, expérimentées et conscientisées."