Musique / Festivals

Roméo Elvis a plus que jamais envie de vous parler de lui : ses ruptures (Malade, Parano, Dis moi), ses amours (Soleil), ses petites aventures d’ado porté sur le shit (Chocolat, à peu près tous les textes) et son succès (Solo, Normal). Le tout, avec plus ou moins de déconne sur la forme et de sérieux sur le fond. Malade, dans son genre, réussit plutôt bien la transition du rap pur jus à la chanson urbaine grand public.


Bien servie par la voix de Matthieu Chedid, Parano impose elle aussi un univers grandiloquent, quoique très produit, de nature à occuper dignement l’espace sonore des grandes salles et la bande FM. Mais on se demande un petit peu où veut aller le garnement.

-> Lire notre interview: Roméo Elvis : "Je ne pouvais pas encore sortir un album en disant 'Bruxelles c'est super' "


Les grosses ficelles

En refusant de choisir, Roméo s’autorise tout et se donne 19 titres pour allier engagement politique (Belgique Afrique), récits intimes (En Silence) et brûlots scéniques (T’es bonne, exclusivement conçu pour faire sauter le public). Tout cela est louable, mais pas franchement finaud, et basé sur des ficelles que détecterait un myope à des kilomètres.


Entre les gonzesses, la beuh et la célébrité, on réalise que même s’il a imposé son style et mis les formes sur ce Chocolat (**) , Roméo Elvis n’a pas grand-chose à raconter, finalement. Sa plume n’est pas la plus affûtée du “game” et sa capacité d’analyse sociétale reste relativement limitée.

Rien de tout cela ne pose problème quand le gaillard s’amuse. Roméo Johnny Elvis Kiki Van Laeken reste une bête de scène assumée et un amuseur public certifié. Quand il se prend plus au sérieux, en revanche, les limites sont plus évidentes.


Roméo Elvis, "Chocolat" (Universal), sortie ce vendredi 12 avril.

En concert à Forest National le samedi 20 avril, puis au Dour Festival le dimanche 14 juillet.