Dépourvue de festival rock dans un pays qui en regorge de plus en plus, la région du Centre avait eu l’audace, l’été dernier, de créer un nouveau rendez-vous, le Ronquières Festival. Un pari qui pouvait compter sur au moins deux atouts de taille : un site hors du commun (le Plan incliné de Ronquières) et le soutien de l’équipe chevronnée des Ardentes. Et bingo ! Ce fut d’emblée un joli succès : 12 000 festivaliers en deux jours, attirés par quelques jolies têtes d’affiche (Peter Doherty et Metronomy), et une nomination aux European Festival Awards dans la catégorie des nouveaux festivals.

Douze mois plus tard, les organisateurs – l’asbl Un soir à Binche et les Ardentes – remettent le couvert avec entrain ce week-end des 3 et 4 août. Et la deuxième édition s’annonce sous d’excellents auspices. “Si on en juge par les préventes, on devrait attirer encore plus de monde que l’année dernière, s’enthousiasme Gino Innocente (membre d’Un soir à Binche) . On espère entre 15 000 et 20 000 personnes.” Et comme le site peut sans peine accueillir 30 000 festivaliers, ceux-ci pourront pleinement profiter de l’espace bucolique sis sous l’imposant Plan incliné et la tour vertigineuse qui le domine.

Cette deuxième édition jouera la carte de la consolidation. On conserve donc les deux scènes (Bâbord et Tribord), les infrastructures d’accueil (avec un camping agrandi, des points d’eau potable plus nombreux, un Quai des saveurs convivial, des parkings situés à moins de 800 mètres du site...) et un gros budget (1,2 million d’euros).

Si changement il y a, c’est du côté de la programmation qu’il a lieu. Mais en douceur. Pour la première édition, Ronquières avait pris le parti de râtisser large, n’hésitant pas à faire le grand écart entre Peter Doherty et M Pokora. “Pour une première, il fallait tester les goûts du public, justifie Fabrice Lamproye, programmateur des Ardentes et de Ronquières. Les retours, tant des festivaliers que des artistes, avaient été excellents. Mais on a tout de même cherché à affiner la programmation pour cette deuxième édition, avec une affiche plus cohérente.”

La filière “Ardentes” et tous les autres

Tout en restant très “mainstream”, l’édition 2013 du Ronquières Festival propose des artistes majoritairement francophones et évoluant dans la mouvance électro-pop-rock. Pas trace, cette fois, de hip-hop. On note aussi, à l’exception des Britanniques d’Archive (tête d’affiche de la journée de samedi) et de l’Américano-Libanais Mika (en clôture du festival, dimanche), l’absence de groupes anglo-saxons. “Ce n’est pas un choix délibéré. On doit aussi tenir compte des disponibilités des groupes. Mais, avec Archive, on a une très belle exclusivité pour la Belgique”, relève Fabrice Lamproye.

Compte tenu des liens qui unissent le Ronquières Festival à celui des Ardentes, il n’est pas surprenant – c’était déjà le cas en 2012 – de voir figurer, à l’affiche, plusieurs formations qui étaient sur scène, il y a moins d’un mois, dans la Cité ardente. “Ce n’est vraiment pas un problème car les publics, on a pu le vérifier, sont très différents”, dit le programmateur. Sur les vingt-deux groupes attendus à Ronquières (commune de Braine-le-Comte), près de la moitié seront présents, avec un très fort contingent belge (SX, Superlux, Vismets, Pale Grey, Soldout, An Pierlé, Arno…). On peut y ajouter les Français de La Femme, BB Brunes et Eiffel. Sans oublier la pop-confettis de Mika.

Mais Fabrice Lamproye ne s’est pas contenté d’un “copier-coller” des Ardentes 2013, loin de là. Au rayon de la bonne – voire très bonne – musique francophone, il devrait y avoir pas mal de monde pour les retrouvailles avec Stephan Eicher (dont le dernier album studio, “L’Envolée”, est encore tout chaud). Même chose pour la “francofolle” Olivia Ruiz. Une autre fofolle vaudra aussi le détour : GiedRé, auteur-compositeur-interprète franco-lituanienne. On y ajoutera, sans trop de risque d’être déçu, le Franco-Sénégalais Tété, ainsi que nos compatriotes Saule et Suarez.

Au petit jeu du “ce qu’il ne faudra pas rater” au Ronquières Festival 2013, les co-organisateurs y vont de leur petite setlist toute subjective. Pour Gino Innocente, ce seront SX et La Femme. Fabrice Lamproye, pour sa part, cite Archive, Eicher et Arno – “en toute grande forme !”.