Voici donc la culture à nouveau complètement confinée, comme en mars dernier. Annulation et reports d’événements pleuvent, en Belgique comme en France. Et les acteurs du secteur, comme ceux de l’événementiel et de la nuit, se demandent s’il y a un fond au bout du gouffre dans lequel ils chutent vertigineusement. Car rares sont les éléments auxquels ils peuvent désormais s’accrocher pour ne pas sombrer dans le désespoir le plus complet.

Alors, quand une petite lueur d’espoir, ne serait-ce même qu’une fumerolle, fait son apparition, pas question de l’ignorer. La dernière en date nous vient d’Allemagne et concerne les organisateurs de concerts et de spectacles. Et par conséquent, les artistes qui se produisent sur scène, de même que tous les métiers impliqués. Il s’agit des résultats d’une étude grandeur nature menée en août dernier à Halle, en Allemagne, par l’université locale. Mille quatre cents personnes ont été conviées à assister à un vrai concert en salle afin d’établir un modèle mathématique définissant la meilleure configuration à mettre en place pour organiser de tels événements dans les circonstances que l’on connaît.

Public assis, masque, distances de sécurité

Chaque participant était testé à l’entrée, portait un masque FFP2 et disposait d’un traceur permettant de suivre ses déplacements et la distance qui le séparait des autres personnes présentes. Ils étaient aussi équipés d’un produit fluorescent permettant aux chercheurs de savoir qui a touché qui et quoi, de manière à simuler la transmission du virus. En ce compris les redoutées projections de microgouttelettes.

Les résultats de cette expérience sont désormais connus et ils ont de quoi redonner un certain espoir à toute la profession. Oui, des événements de masses sont possibles, à condition toutefois de respecter scrupuleusement une série de règles sanitaires. Pas de salut sans public assis, port du masque et application des distances de sécurité. Rien de bien original, c’est déjà ce qui était préconisé à la reprise, lors du déconfinement.

Deux écueils

À cela s’ajoutent deux autres éléments importants, pour ne pas dire essentiels qui, eux, s’avèrent cependant plus problématiques. L’aération des salles de spectacles représente un point déterminant précisent les chercheurs de l’université de Halle. Là non plus, l’information n’est pas neuve. Depuis le début de la pandémie, les scientifiques et médecins insistent sur la nécessité de bien aérer les espaces de vie ou de travail fréquentés. Pour les salles de spectacles, l’exercice est cependant plus complexe en ce sens que cette aération doit être renouvelée à intervalles réguliers. Si cela peut s'imaginer dans un vaste lieu, c'est déjà plus compliqué pour les plus petites capacités.

L’étude recommande également d’adapter la jauge de la salle en fonction du nombre de contaminations enregistrées dans la région où elle se trouve, et cela durant la semaine qui précède l’événement. Voilà qui est encore bien plus épineux. Difficile d’imaginer les organisateurs vendre un nombre déterminé de tickets pour ensuite, le jour venu, devoir réduire la capacité parce que la prolifération du Covid s’est localement accélérée.

Qu’à cela ne tienne, la preuve est faite, scientifiquement, qu’il est possible, moyennant un respect strict des règles imposées, d’imaginer l’organisation de spectacles rassemblant bien plus de 40 à 200 personnes suivant les normes actuellement imposées en Belgique. Mais cela n’a pas empêché l’Allemagne de décréter la fermeture de tous les lieux culturels dès la semaine prochaine…