Musique & Festivals

En onze minutes et un I'm Going Home d'anthologie, Ten Years After s'est imposé comme l'une des révélations de Woodstock. Rencontre avec Leo Lyons, bassiste et co-fondateur du groupe avec feu Alvin Lee.

Le dimanche 17 août 1969, à 21 heures, Alvin Lee lance le désormais célèbre "This is a thing called I’m Going Home". Ten Years After est loin d’avoir la notoriété de ses petits camarades de scène, à l’époque. Le groupe de Blues Rock britannique s’est fait une place dans le milieu underground et a sorti trois albums honnêtes, qui n’ont pas vraiment défrayé la chronique. Mais "I’m Going Home", sixième et dernier morceau de leur concert de Woodstock, les fait presque instantanément entrer dans la légende. Une incendiaire introduction de guitare de treize secondes allume la mèche. Leo Lyons (basse), Ric Lee (batterie) et Chick Churchill (claviers) suivent leur frontman avec la même folie, et plongent les 400 000 spectateurs du jour dans une explosion de rock’n’roll fiévreux.

Après trois minutes, Alvin Lee s’offre un Medley, intègre lumineusement les paroles de "Blue Suede Shoes" et "Whole Lotta Shakin’ Going On", et s’oublie complètement dans un solo lumineux de bout en bout, qui transcende les codes du genre. On ne voit que lui sur les images, mais Leo Lyons tape sur le manche de sa basse comme un possédé, Churchill en fait autant avec ses mains, caché derrière son épaisse chevelure, et tout ce petit monde joint ses forces dans un final grandiose, devenu à tout jamais l’un des plus grands moments de rock’n’roll de ce festival mythique.

"Faites gaffe au Brown Acid"

Personne ne savait que Woodstock allait devenir un symbole", se remémore le bassiste Leo Lyons, 75 ans, que nous joignons chez lui par téléphone. "Ce n’était qu’un festival de plus dans notre tournée de 1969. Puis, les choses sont devenues hors de contrôle, tout le monde a rappliqué, et cela illustre un peu l’esprit de l’époque. Mais il a fallu attendre la sortie du film sur le festival en 1970, pour que le monde réalise à quel point il avait été important."

(...)