Tomorrowland

On a beau s’y attendre, avoir été prévenu, avoir vu les images sur le web ou dans les journaux, lorsqu'on pénètre pour la première fois dans l’enceinte de Tomorrowland, on se pince pour être certain de ne pas être plongé en plein rêve psychédélique. Et une fois bien réveillé, on garde les yeux grands ouverts et on contemple. Alice et son pays des merveilles peuvent aller se rhabiller car ici tout est réel: des lampadaires en forme de fleurs, des fresques multicolores en veux-tu en voilà, des champignons fluorescents, etc. Les scènes - il y en a 16! - sont toutes plus impressionnantes les unes que les autres. On en trouve cachées dans un petit château, sur un bateau, entourées de miroirs géants, d’énormes sucettes ou de masques effrayants... Au début, on est quelque peu perdu, avouons-le. Rien de bien grave, rassurez-vous. L'endroit est si grand et si fantastique qu’on se laisse rapidement aller. On se balade au gré des rues (oui oui, des rues!) et des sons.

Il faut de tout pour faire un Tomorrowland

Musicalement, ce qu’on entend le plus, c’est de l'EDM, l’Electro Dance Music. Au sein de ce genre, il y a bien sûr le courant le plus “mainstream”. Ce dimanche, on pouvait par exemple danser sur les sons mondialement connus du duo belge Dimitri Vegas &

Like Mike, des Québécois de DVBBS (prononcez “dubs”) ou encore de Paul Kalkbrener, de Tiësto et d’Afrojack. Mais sur d'autres scènes, il y avait de quoi ravir toutes les oreilles, même les plus exigeantes et pointues, avec la deep house des Français Klingande et du Belge Lost Frequencies, la trance de Bizarre Tribe ou d’Astrix et même du bon gros gabber avec Rotterdam Terror Corps. Petite touche féminine dominicale – et belge de surcroît – Rafi Khan, qui électronise ses musiques avec un style un peu « groovy ».

La pluie n'arrête pas la musique

Le seul (petit) bémol du jour, c’est la pluie. Elle s'est invitée dès la fin de la prestation acclamée de l'Orchestre National de Belgique, une des grosses attractions du jour. C’est à croire qu’elle s'était retenue pour permettre aux 85 musiciens d’interpréter dans son intégralité l'hymne du festival, une pièce écrite l’an dernier pour le 10e anniversaire de Tomorrowland par le compositeur Hans Zimmer.

Bien sûr, aussi merveilleux soit-il, un monde féerique comme celui de Tomorrowland perd un peu de sa magie sous un ciel gris et une pluie incessante. Certains endroits sont couverts et permettent de s’abriter, c’est vrai, mais c'est loin d'être les plus nombreux. Cependant, il en faut bien plus pour arrêter les DJ's et les festivaliers qui, pour certains, sont venus de très loin. Si plus de la moitié du public est belge, une grande partie vient tout de même des quatre coins du monde tout spécialement pour l'évènement. Pas question donc de se laisser abattre par la drache ou la fraîcheur du plat pays. Ni une ni deux, tout le monde enfile son blouson et met sa capuche pour retourner danser. C’est ça Tomorrowland.