Werchter : Faith No More a donné une leçon aux fans des Foo Fighters

" Merci d’être venus aussi nombreux pour nous” aurait certainement lancé Dave Grohl aux 80 000 spectateurs de Rock Werchter qui s’étaient en grande partie déplacés pour lui, jeudi soir. Mais le chanteur guitariste des Foo Fighters n’était pas là.

Valentin Dauchot

"Merci d’être venus aussi nombreux pour nous” aurait certainement lancé Dave Grohl aux 80 000 spectateurs de Rock Werchter qui s’étaient en grande partie déplacés pour lui, jeudi soir. Mais le chanteur guitariste des Foo Fighters n’était pas là. Après moult tergiversations, la méga star américaine a finalement été contrainte d’annuler la présence du groupe une semaine avant le début du festival, après s’être brisé la jambe lors d’un concert donné en Suède.

Ces quelques mots de remerciements ont bien été adressés à ses fans, mais ils sont sortis de la bouche de… Mike Patton, gargantuesque leader de Faith No More, engagé à la dernière minute comme remplaçant de luxe, et manifestement fort amusé à l’idée de venir jouer les trouble-fête. Tout comme son claviériste, Roddy Bottum, qui n’a pas pu s’empêcher de déclarer après le deuxième morceau que "Dave Grohl pouvait se casser la jambe tous les jours s’il voulait”. Signe que l’une des formations rock les plus emblématiques des années 90 était bel était bel bien ravie d’avoir ajouté cette date supplémentaire à sa tournée.

Cours de rock’n’roll

Faith No More s’était déjà produit chez nous quelques jours plus tôt au Graspop festival, mais qu’importe. À l’image de la puissance rythmique du batteur Mike Bordin, dont les dreadlocks grisonnantes ressemblent de plus en plus à une forêt de mangroves, le set est carré, intense, et offre aux fanatiques des Foo Fighters une fort belle leçon de rock’n’roll ainsi qu’une excellente occasion de parfaire leur éducation musicale.

Malheureusement pour les amateurs, les organisateurs de Werchter ont probablement voulu jouer la sécurité et n’ont programmé la bande à Patton que pour une petite heure, par crainte, sans doute, que leur concert ne soit pas assez rassembleur. Le show prend donc inévitablement des allures de best of et enchaîne “Epic”, “Black Friday” qualifié par Mike Patton de “hippie shit”, “Everything’s ruined” et “Midlife crisis” joué en medley avec “All my Life”… des Foo Fighters. Ultime clin d’œil à l’audience du jour, qui n’y a certainement pas perdu au change.

Chimique et poussif

Deux qui ont énormément perdu avec le temps, par contre, ce sont les Chemical Brothers. Chantres du “Big Beat” électronique dans les années 90 et véritables abonnés du festival où ils se produisaient jeudi pour la huitième fois (!). Preuve, s’il en fallait encore une que Rock Werchter n’est plus vraiment un découvreur de talents. Aussi finauds qu’une division de Panzer dans un champ de pommes de terre mais nettement moins remuants qu’un Prodigy qui jouera d’ailleurs ce samedi, les faux frères britanniques ont enchaîné les morceaux lourds, les beats gras, et les refrains connus sans parvenir à remuer la foule.