Royal Blood impérial à Werchter

Il est loin le temps où Rock Werchter – on disait à l'époque Torhout-Werchter – ouvrait la vanne à décibels dès le matin avec la tâche souvent ingrate pour le premier artiste à monter sur scène de décoincer les articulations des festivaliers les plus ponctuels.

Charles Van Dievort

CC Smugler sonne le réveil des troupes

Il est loin le temps où Rock Werchter – on disait à l'époque Torhout-Werchter – ouvrait la vanne à décibels dès le matin avec la tâche souvent ingrate pour le premier artiste à monter sur scène de décoincer les articulations des festivaliers les plus ponctuels. Aujourd'hui, ces derniers arrivent à midi et ce n'est qu'une heure plus tard que les hostilités commencent. Cela n'empêche pas l'exercice d'être tout aussi compliqué pour ceux qui inaugurent les trois scènes du festival. A 13h00 précises, les six britanniques de CC Smuglers ont donné le coup d'envoi des festivités du jour. Leur country blues alterne les tempos rapides et plus langoureux. Manifestement très heureux d'être là, leur bonne humeur est communicative et ceux qui ont rejoint le Klub C ne s'en plaignent pas, bien au contraire. Les quelques gouttes de pluie qui ont eu l'audace de se manifester à l'entame de leur prestation ont rapidement capitulé. De quoi bien commencer la journée.

Fidlar assure

A quelques dizaines de mètres de là, sur la scène principale, c'est Fidlar qui affûte son son grinçant. Le quatuor américain originaire de Los Angeles sonnera le réveil de ceux qui digéraient encore les concerts de la veille et les excès de la nuit. Une mise en route nettement plus rugueuse qu'au KluB C. Malgré le short bleu ciel, la chemise à fleurs du chanteur et le bob du bassiste, on a droit à un punk joyeusement bordélique, abrasif à souhait et truffé de larsens. Il n'en fallait pas plus pour réjouir les inconditionnels des premiers rangs et pour déclencher les premiers pogos du jour. Seul un souci technique viendra perturber cette prestation endiablée. Rien de grave. Pas de quoi saper le moral des Californiens qui vont jusqu'à jouer avec le public lors de leur final. Ils parviennent à faire s'asseoir la plaine le temps de quelques mesures avant de faire bondir les festivaliers avec une dernière déferlante de distorsion. Mission accomplie.

Other Lives miné par un son un peu trop agressif

Pendant ce temps, sous le chapiteau de The Barn, la troisième scène de Rock Werchter, c'est un tout autre genre qui attend le public. Les Américains d'Other Lives déploient leur rock-folk teinté de psychédélisme. Les mélodies sont somptueuses, les arrangement riches et la voix du chanteur Jesse Tabish envoutante. Le côté symphonique de leur dernier album, « Rituals », est de la partie sur scène – ce qui n'est pas une mince prouesse - mais on regrette une sonorisation un peu trop agressive qui ne lui rend pas hommage. C'est d'autant plus dommage que tous les ingrédient semblaient réunis pour faire de cet instant un moment de toute beauté. Un défaut qui n'a cependant pas empêché le public présent de trouver son compte et de saluer le groupe comme il se doit..

Le tour de force de Royal Blood

On attendait le duo britannique originaire de Brighton au tournant après sa première prestation jeudi en guise de complément à Faith No More, les substituts de Foo Fighters. La plaine devant la main stage s'est subitement remplie. Dès les premières mesures, on a compris qu'il allait se passer quelque chose. Une fois de plus, Mike Kerr et Ben Tatcher auront mis tout le monde d'accord. Une batterie, une basse et une panoplie d'effets en tous genres, il n'en faut pas plus pour produire une prestation remarquable. C'est simple, c'est direct et c'est surtout très efficace. Le son est lourd mais précis, incisif, tranchant même. Puissante et terriblement mélodieuse, la voix du beau gosse Mike Kerr s'impose et en impose. Le public est conquis.. C'est LA toute grande distinction de ce début d'après-midi à Werchter. On se prend à espérer un troisième acte pour Royal Blood...

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