Musique & Festivals Avec ses centaines de milliers de participants, Woodstock est à la fois l’apogée du mouvement hippie et son chant du cygne.

C’était il y a 50 ans. Le summer of love de 1968 connaissait son apogée l’année suivante avec un rassemblement devenu historique : le festival de Woodstock. Alors qu’il devait en accueillir 40 000 à 50 000, l’événement est pris d’assaut par 400 000 personnes ou plus, on ne saura jamais. Ils convergent de toutes les régions des États-Unis vers Bethel, dans la petite bourgade de White Lake. Les organisateurs sont débordés. C’est le chaos total, d’autant que la pluie s’est invitée.


Rien ne prédestinait Woodstock à entrer dans la légende. Ce n’était pas le premier festival de rock. En 1967, il y avait eu Monterey et l’année suivante, le Miami Pop Festival et ses quelque 100 000 participants. L’affiche de l’événement n’explique pas non plus l’engouement du public. Certes, il y avait des noms prestigieux comme ceux de Jimi Hendrix, The Who ou Joan Baez, mais il n’y avait pas Bob Dylan, les Beatles ou les Rolling Stones pour ne citer que ces véritables phénomènes de l’époque.


Si la jeunesse américaine s’est rassemblée du 15 ou 18 août à Bethel, c’est d’abord parce qu’elle était unie dans une opposition au système en place et son refus de la guerre du Vietnam. Mais c’est aussi parce que Woodstock a été un festival martyr. Deux mois avant sa tenue, les responsables de la commune de Wallkill où il devait initialement avoir lieu l’interdisent. La manifestation qui était alors soutenue par des médias locaux est devenue un phénomène national et les jeunes ont afflué de partout.

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Si Woodstock est l’apogée du mouvement hippie et de cette contre-culture des années 60, c’est aussi leur chant du cygne. En effet, moins de quatre mois plus tard, le rêve s’écroule lors d’un autre méga festival, celui d’Altamont, en Californie. Ce qui se voulait être la réponse de la côte Ouest au rassemblement de Bethel sera marqué par la violence, des blessés et même un mort…