Les contrats-programmes indexés annuellement

Ce n'est pas le Pérou (ça, les acteurs culturels s'y attendaient, surtout depuis les déclarations récentes de ministres MR), mais c'est mieux que rien. Le gouvernement de la Communauté française a approuvé, mercredi, l'indexation annuelle de l'ensemble des conventions et contrats-programmes dans le secteur des arts et lettres, ces accords qui lient pour quatre ou cinq ans des opérateurs culturels à la Communauté, subside à la clef.

S.L.

Ce n'est pas le Pérou (ça, les acteurs culturels s'y attendaient, surtout depuis les déclarations récentes de ministres MR), mais c'est mieux que rien. Le gouvernement de la Communauté française a approuvé, mercredi, l'indexation annuelle de l'ensemble des conventions et contrats-programmes dans le secteur des arts et lettres, ces accords qui lient pour quatre ou cinq ans des opérateurs culturels à la Communauté, subside à la clef.

Détail qui a son importance: l'exécutif a intégré, dans ce plan budgétaire, des opérateurs dont le contrat-programme doit être renouvelé après 2004 - c'est le cas du Théâtre national -: ils sont donc assurés de jouir également de la mesure.

64 contrats à renouveler

Il y a actuellement 64 contrats-programmes et conventions, indique-t-on au cabinet du ministre Chastel, en charge des Arts et Lettres: 20 concernent le secteur des musiques classiques (opéras, orchestres...), 13 le théâtre adulte, 12 les lettres (la Foire du livre, entre autres), 9 les musiques non classiques (festivals...), 5 le théâtre jeune public, 3 la danse (Charleroi/Danses notamment), 1 l'audiovisuel (Médiathèque) et 1 la diffusion. En 2004, le montant total de ces contrats s'élève à 66,7 millions d'euros pour la Communauté.

L'indexation, approuvée pour trois ans, coûtera au total 4,5 millions d'euros: soit 582091 € en 2005, 1,5 million en 2006, et 2,35 millions en 2007. De nouveaux moyens budgétaires ont été dégagés - par le biais d'une opération immobilière - pour financer la mesure.

Mercredi prochain, le gouvernement devrait approuver le renouvellement de l'ensemble des contrats-programmes et conventions existants. Certains opérateurs attendaient cela depuis plusieurs années, devant se contenter d'avenants à répétition. Tandis que d'autres attendent toujours désespérément ce soutien et cette reconnaissance de la part de la Communauté française, tel ce groupe de talentueux metteurs en scène qui se surnomment les «vieux jeunes» (cf. «La Libre» de ce 7/4) : ils déplorent que les pouvoirs publics investissent si peu dans la création contemporaine. Soit dit en passant, le ministre Chastel annonce qu'il va les rencontrer prochainement.

Le gouvernement devrait aussi confirmer, si besoin est, le 14 avril, que les promesses faites par certains ne pourront être tenues, en particulier l'augmentation substantielle des moyens de l'Opéra royal de Wallonie, promise jadis par les ministres Miller et Ducarme. La grogne pourrait s'intensifier.

© La Libre Belgique 2004