Les pistes Ecolo pour refinancer la Culture

Ecolo à son tour intervient dans le débat culturel déjà largement alimenté par les déclarations des ministres MR, Olivier Chastel et Hervé Hasquin et par Elio Di Rupo, le président du PS. Le ministre Jean-Marc Nollet, le secrétaire fédéral Jean-Michel Javaux et la députée de la Communauté, Bernadette Wynants, ont dressé un bilan «désastreux» de la politique culturelle et tracé des pistes pour l'avenir.

Guy Duplat

Ecolo à son tour intervient dans le débat culturel déjà largement alimenté par les déclarations des ministres MR, Olivier Chastel et Hervé Hasquin et par Elio Di Rupo, le président du PS. Le ministre Jean-Marc Nollet, le secrétaire fédéral Jean-Michel Javaux et la députée de la Communauté, Bernadette Wynants, ont dressé un bilan «désastreux» de la politique culturelle et tracé des pistes pour l'avenir.

Ils pointent d'abord le «sous-financement récurrent» de la Culture, dû d'abord à la loi «catastrophique» de financement des Communautés, puis aux marges de refinancement qui ont largement échappé à la Culture à cause de la «valse» des ministres et des bagarres pour le poste de la culture, qui ont «affaibli» ce poste: 3 ministres PS pour la Culture et 4 ministres MR pour les Arts de la scène. Certes, Ecolo admet avoir participé à l'émiettement des responsabilités dans un gouvernement pléthorique, mais «nos ministres, eux, sont restés en place pendant les quatre ans».

Ecolo veut refinancer la Culture au lendemain des prochaines élections au même rythme que l'enseignement et dans les mêmes proportions. Il souligne qu'au dernier sommet d'Enghien, le gouvernement avait augmenté le budget enseignement de 2 pc et celui de la Culture de 0,78 pc seulement. «Nous voulons l'égalité». Pour cela, Ecolo veut utiliser les sommes prévues pour le désendettement, en ralentissant le rythme de celui-ci afin d'investir dans la Culture qui, souligne-t-il est «un secteur d'avenir pour la richesse de la Communauté».

Ecolo parle ensuite de la mauvaise gouvernance de la culture. Il souligne les propos «désastreux» de Louis Michel parlant «de la négligence des artistes». Il fustige les déclarations d'Hasquin, quasi «injurieuses» pour le secteur culturel accusé de ne penser «qu'au tiroir-caisse» ou pour les commissions d'avis. Quant à Di Rupo, les verts qualifient sa défense de Mons de «politique de clocher». Jean-Michel Javaux parlant même de «politique MSF» en évoquant les aides de Di Rupo à Mons, de Hasquin à Silly et de Demotte à Flobecq, leurs trois fiefs électoraux!

Ecolo parle aussi de la «désinvolture» des ministres qui ont «cumulé les casquettes ministérielles» ou qui ont géré les crédits reçus de la Loterie de manière arbitraire, sans clarté, accroissant ainsi, encore davantage, la disette du secteur culturel.

Ecolo ne refuse pas qu'il y ait des choix comme celui des pôles culturels amorcés par Daniel Ducarme, mais cela ne peut pas se faire, souligne-t-il, aux dépens de domaines émergents, des nouvelles créations, des talents qui émergent parfois davantage dans de petites structures. Pour l'avenir, Ecolo veut un seul ministre de la Culture, à temps plein, pour toute une législature. Il veut aussi promouvoir le regroupement des acteurs culturels comme cela s'est fait avec la FAS dans les arts de la scène.

© La Libre Belgique 2004