40000 tickets culturels «Article 27» en 2003

Article 27 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme: «Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts (...) et des bienfaits qui en résultent.»

Sophie Lebrun

Article 27 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme: «Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts (...) et des bienfaits qui en résultent.» Encore faut-il en avoir les moyens. C'est pour rendre la culture plus accessible aux personnes défavorisées que l'asbl Article 27 a vu le jour en 1999. Elle est financée par les Régions et la Communauté française. En 2004, alors qu'elle s'apprête à signer son second contrat-programme, force est de constater qu'elle a bien grandi et démontré son utilité.

L'action de l'asbl, basée sur un partenariat avec des services sociaux (CPAS, restaurant social, centre d'alphabétisation, etc.) et des opérateurs culturels (théâtre, cinéma, musée...), présente deux volets. Primo, l'accès à des activités culturelles en tous genres au tarif unique de 1,25 €. C'est le partenaire social qui sensibilise les utilisateurs, leur fournit des programmes et les tickets valables pour des entrées à 1,25 €. Le partenaire culturel, lui, s'engage à leur accorder un tarif préférentiel (inférieur ou égal au tarif étudiant, senior ou chômeur), l'asbl remboursant la différence; et à leur ouvrir l'ensemble de sa programmation, sans contrainte de date, mais parfois pour un nombre de places limité.

Secundo, Article 27 propose un travail d'éducation permanente visant à «encadrer» l'activité culturelle: rencontre avec un artiste avant le spectacle, animation créative, visite guidée d'un musée... Les retombées positives du projet sont nombreuses: il favorise l'épanouissement et l'insertion sociale, voire la créativité des utilisateurs, crée des liens entre le culturel et le social, deux univers qui se connaissent souvent mal, etc.

L'idée est née, il y a cinq ans, de l'expérience d'une comédienne soucieuse de porter sa pierre à l'édifice citoyen, Isabelle Paternotte. «Je contactais des directeurs de théâtre pour recevoir des places à destination de personnes défavorisées; je m'engageais à former un groupe et l'accompagner.» Séduit, le directeur du Théâtre de Poche, Roland Mahauden, fonde Article 27 avec la comédienne. Qui n'avait «jamais imaginé l'ampleur que ça allait prendre».

12 cellules, bientôt 14

En 2003, près de 40.000 tickets (contre 2.000 en 1999) ont été utilisés. L'asbl compte désormais 12 cellules (1 à Bruxelles et 11 en Wallonie, qui en comptera deux de plus en 2004), 433 partenaires sociaux et 262 partenaires culturels.

Sans surprise, c'est le cinéma qui remporte le plus grand succès, contrairement aux spectacles

«dits expérimentaux» et à l'opéra, analyse Isabelle Paternotte. «En fait, le public Article 27 a les mêmes pratiques culturelles que le reste du public...»

«On a deux types d'utilisateurs, analyse-t-elle: ceux qui avaient déjà une vie culturelle et l'avaient laissée tomber en raison de difficultés économiques: ceux-là prennent le ticket et se débrouillent seuls - encore que certains, qui ont connu un niveau de vie élevé, aient honte. On aide davantage les autres, plus nombreux, parfois en situation socio-économique fragile depuis plusieurs générations, à développer une pratique, des envies culturelles». Quitte à faire face, parfois, à des réflexions simplistes du genre «la culture n'est pas la priorité» ou «il faut d'abord qu'ils trouvent du travail, après ils pourront aller au spectacle!», comme on l'a entendu dans un CPAS.

Pour l'avenir, Article 27 émet deux souhaits: renforcer les moyens humains, partant du constat que «l'accompagnement à la culture ne s'effectue de manière optimale que dans les cellules bénéficiant d'au moins un emploi à temps plein» - c'est le cas de 4 cellules. Et élargir le public-cible aux demandeurs d'emploi, VIPO, enfants et ados placés par le SAJ. Actuellement, il se limite aux personnes bénéficiant d'une aide sociale octroyée par un CPAS ou d'une aide à l'insertion sociale et/ou professionnelle. De son côté, Article 27 se fixe des objectifs: «réaliser des enquêtes sur l'impact de notre action, et favoriser le passage des tickets d'une cellule à l'autre - pour qu'un habitant de Namur puisse accéder à un spectacle à Bruxelles.»





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