Intermittents: mortel suspense pour les festivals

D' un seul pas de mon coeur, je vous entraînerai». C'est avec ce vers de Paul Eluard que le nouveau ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres a achevé mercredi la présentation de ses «propositions pour l'emploi dans le spectacle vivant, le cinéma et l'audiovisuel».

BERNARD DELATTRE

CORRESPONDANT PERMANENT À PARIS

D' un seul pas de mon coeur, je vous entraînerai». C'est avec ce vers de Paul Eluard que le nouveau ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres a achevé mercredi la présentation de ses «propositions pour l'emploi dans le spectacle vivant, le cinéma et l'audiovisuel». Le gouvernement espère que ces pistes contribueront à résoudre le conflit des intermittents du spectacle. Depuis un an maintenant, ce contentieux empoisonne la scène culturelle. Il a largement contribué à la disgrâce puis à la chute du précédent ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon. Et, pour la deuxième année consécutive, il menace la saison estivale des festivals - saison s'ouvrant la semaine prochaine avec le sacro-saint festival de cinéma de Cannes.

L'équipe Raffarin a toujours jugé que remettre en cause d'autorité la fameuse réforme du régime d'assurance chômage des intermittents à l'origine du conflit serait déjuger les partenaires sociaux qui l'ont concoctée et donc rompre sa promesse de respect du dialogue social. Mercredi, dès lors, le ministre de la Culture n'a pu qu'annoncer la création d'un fonds de 20 millions d'euros destiné à venir en aide aux intermittents les plus durement touchés par la réforme et inviter patrons et syndicats à aménager le volet le plus controversé de celle-ci: la non prise en compte, dans le calcul des indemnités versées aux intermittents, des congés de maladie et de maternité ainsi que des heures de formation et d'enseignement artistiques.

Pour le reste, le ministre a répété qu'il serait «extraordinairement vigilant» dans les contrôles et les sanctions contre le recours abusif au statut de l'intermittence, il a promis une nouvelle définition de ce statut, a débloqué 30 millions d'euros en faveur du spectacle vivant, et a annoncé la tenue d'un grand débat national sur l'emploi dans le secteur culturel.

«Une aumône»

Affichant ostensiblement son «humilité» et son ouverture «à toutes les discussions», multipliant les appels au «respect mutuel», parlant de «main tendue» de la part d' «un gouvernement très mobilisé dans son ensemble» sur les questions culturelles, flattant ces artistes et techniciens qui «font la fierté et l'honneur de notre pays», Renaud Donnedieu s'est gardé d'adopter le ton sec, rigide et sûr de lui qui caractérisait à l'occasion son prédécesseur.

Son plan, néanmoins, a été fraîchement accueilli. La coordination des intermittents de la région parisienne a reconnu qu'un «effort» avait été fait, mais a jugé le dispositif «flou» et a dit sa «colère» que l'Etat «renvoie la balle» et «la patate chaude» aux partenaires sociaux. La CGT, calculant que les 20 millions du nouveau fonds d'aide permettraient tout au plus d'octroyer aux intermittents démunis «une aumône» de 92 euros par mois, a fustigé «l'assistanat» d'un gouvernement «courroie de transmission» du patronat. «La mobilisation va continuer», a menacé le syndicat communiste. «Le climat social ne va pas s'arranger».





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