Deux musées d'art à Charleroi

A quelques heures des élections, le gouvernement d'Hervé Hasquin devait avoir ce mercredi, sur sa table, un gros dossier d'investissement culturel à Charleroi : le BPS 22, centre provincial d'art contemporain. Et il devrait statuer sur l'opportunité de le financer.

Guy Duplat

A quelques heures des élections, le gouvernement d'Hervé Hasquin devait avoir ce mercredi, sur sa table, un gros dossier d'investissement culturel à Charleroi : le BPS 22, centre provincial d'art contemporain. Et il devrait statuer sur l'opportunité de le financer. Le dossier du «mégamusée», lui, est mûr, mais, faute de temps, il n'a pas pu être inscrit à l'ordre du jour. Il est ainsi transmis au prochain gouvernement.

Le mégamusée est, on le sait, une initiative de la Ville, qui va racheter, au prix de 1,2 million d'euros, l'ancien siège carolorégien de la Banque nationale situé quai de Brabant, dans la ville basse. Le ministre de la Culture Christian Dupont (PS) dans le cadre du tout récent contrat-culture signé entre la Communauté française et la ville de Charleroi, s'est engagé à financer 50 pc du coût d'achat du futur musée. D'autant que la commission des infrastructures de la Communauté française s'est réunie au début de la semaine et a donné son feu vert à cet investissement. On dit que l'achat et l'aménagement coûteront au total 2,2 millions d'euros.

Mieux loger le musée

Christian Renard nous expliquait: «Nous étions orphelins à Charleroi, dans les arts plastiques, depuis le départ de Laurent Busine vers le Mac's. Il avait amené de nombreuses grandes expositions à Charleroi quand il était encore au Palais des Beaux-Arts.» Le futur musée appelé, faute d'autre nom, le «mégamusée», abritera le Musée des Beaux-Arts. Un concours d'architecture sera lancé. Le projet pourrait être prêt en 2005 et les travaux pourraient durer 6 à 8 mois. Le nouveau musée serait alors opérationnel en janvier 2006. Il rassemblera le patrimoine de la ville. «Nous n'avions que 400 m2 actuellement au musée des Beaux-Arts, continue Christian Renard, nous en aurons 5000 au futur musée (dont 2000 m2 d'exposition). Il y aura une explosion de la mise en valeur de notre patrimoine. Je pourrai aussi rapatrier vers ce musée de nombreuses oeuvres disséminées aujourd'hui dans plusieurs communes, et que le public pourra découvrir pour la première fois».

Les collections du musée des Beaux-Arts comptent 1.660 pièces, du XIXe au XXIe iècle. Si on ajoute les pièces en dépôt dans d'anciennes maisons communales et leurs annexes, on trouverait au total des artistes aussi renommés que Magritte (dont une Vénus allongée qu'on a vue à Bruxelles pour Europalia), des Paulus, de beaux François-Joseph Navez, Courbet, Camus, Ensor, Chagall, Permeke, Rops, Meunier, etc.

Le BPS 22 sauvé?

Mais un autre musée était déjà prêt pour une décision: le BPS 22, ou espace de création contemporaine de Pierre-Olivier Rollin qui développe une politique muséologique contemporaine cette fois, tout en mettant en valeur le patrimoine de la province. La ville avait formellement promis d'aider pour 2,5 millions d'euros l'extension de ce talentueux BPS 22. Cette aide devait permettre de faire passer les surfaces d'expo de 700 m2 à 2400m2 mais entre-temps, à cause du mégamusée, la ville a renoncé à son aide.

Le soutien de Busine

Comme la ville sollicitait alors la Communauté pour son musée, le BPS 22 risquait de perdre aussi cette voie de financement, au grand dam de nombreuses personnalités culturelles dont Laurent Busine, soulignant le remarquable travail du BPS 22. La Commission des infrastructures avait aussi marqué son accord sur le projet du BPS 22.

Dans le cadre du contrat-culture, la Communauté française vient d'accorder une première aide de 6.420 euros par an pour le fonctionnement du BPS 22. Et ce mercredi, le gouvernement pourrait, avant même de statuer sur le mégamusée, décider le principe de subsidier une bonne part des travaux de rénovation du bâtiment (le coût total des travaux serait de près de 2,5 millions d'euros).

© La Libre Belgique 2004