«Putsch» au Musée des Beaux-Arts?

Le musée des Beaux-Arts à Bruxelles est en émoi. Comme les autres établissements scientifiques de l'Etat (Cinquantenaire, Tervuren, Bibliothèque royale,...), il attend depuis près de deux ans qu'on nomme un nouveau conservateur.

Guy Duplat

Le musée des Beaux-Arts à Bruxelles est en émoi. Comme les autres établissements scientifiques de l'Etat (Cinquantenaire, Tervuren, Bibliothèque royale,...), il attend depuis près de deux ans qu'on nomme un nouveau conservateur. Ce vide crée dans nombre d'établissements une situation ubuesque (on promet maintenant des nominations pour le début de l'automne prochain). Dans cette saga, le musée des Beaux-Arts est un enjeu majeur, c'est le plus prestigieux des dix établissements concernés. Philippe Mettens, président de l'administration de la politique scientifique avait proposé -en attendant qu'on nomme enfin des directeurs définitifs- à Helena Bussers, actuelle directrice ad interim, de prolonger cette fonction pour six mois encore, même si elle atteindra fin août, l'âge de la pension. Une proposition qu'Helena Bussers dont le bilan comme conservatrice intérimaire est fort bon, a accepté. L'arrêté signé par l'ancienne ministre Fientje Moerman devait passer à la signature royale. Or, la semaine dernière, on a appris que le nouveau ministre Marc Verwilghen avait un autre avis. Il refusait cette prolongation, obligeant Helena Bussers à faire rapidement ses caisses et, par un effet de cascade, ce serait alors dès le premier septembre, Frédéric Leen, le numéro deux du musée qui assurera l'intérim. Mais M. Leen est aussi candidat pour le poste de directeur. On s'est alors ému qu'un candidat puisse ainsi de facto, recevoir un tel coup de pouce. Les autres candidats (on sait que Michel Draguet, professeur à l'ULB, est aussi bien placé) pourraient déposer un recours auprès du Conseil d'Etat pour traitement inégal entre les candidats. Y a-t-il eu putsch pour favoriser un candidat? Philippe Mettens explique plutôt ce revirement par le changement de cabinet. Les nouveaux venus ont dû prendre le temps de connaître les dossiers. Ce lundi, il nous disait qu'il avait obtenu du ministre que tout soit suspendu jusqu'à nouvel ordre et qu'on puisse réétudier la possibilité de renommer Helena Bussers.

Cette saga est un épisode de plus dans un mauvais feuilleton. Les procédures d'appel à candidatures et de nomination ont déjà été cassées pour vice de forme et suite à un arrêt du Conseil d'Etat. Or le vide de pouvoir et l'incertitude sont les pires choses qui puissent arriver à ces institutions.

© La Libre Belgique 2004