Les dix directeurs: la valse des cotes

Comme on le sait la saga - interminable - de la nomination des dix nouveaux directeurs des établissements scientifiques de l'Etat (grands musées, etc.) touche à sa fin. Il est temps car la situation dans ces établissements devient souvent déliquescente. On connaît maintenant l'essentiel des cotes des candidats (il reste à attendre le jury des Sciences naturelles et des Archives générales du Royaume).

Guy Duplat

Comme on le sait la saga - interminable - de la nomination des dix nouveaux directeurs des établissements scientifiques de l'Etat (grands musées, etc.) touche à sa fin. Il est temps car la situation dans ces établissements devient souvent déliquescente. On connaît maintenant l'essentiel des cotes des candidats (il reste à attendre le jury des Sciences naturelles et des Archives générales du Royaume). Et les premiers résultats (lire nos éditions précédentes) sont étonnants et amènent bien entendu à se poser des questions sur la manière et les critères avec lesquels ce jury-ci a travaillé (ou le précédent dont les résultats furent annulés suite à un recours devant le Conseil d'Etat). Il y a là de disparités déstabilisantes.

Prenons le cas de la Bibliothèque royale. M. Vanderpijpen, chef de département, qui avait été classé «A», c'est-à-dire «très apte», reçoit cette fois une cote «C» qui signifie son exclusion pour la suite du processus. Le «combat» à la Royale se déroulera entre deux francophones: Patrick Lefèvre, actuel directeur du musée de l'armée (il avait été noté «A», l'an dernier mais il postulait alors aux Archives générales du Royaume) et un nouveau venu, chef du département des médailles à la Royale, François de Callata, bardé de publications et qui vient d'être élu à l'Académie royale de Belgique.

Même surprise à l'Irpa, l'Institut royal du patrimoine artistique, la directrice actuelle faisant fonction, Myriam Serck- Dewaide qui avait reçu l'an dernier une cote «C», d'exclusion et qui avait été à la base du recours gagnant devant le Conseil d'Etat qui annula toute la procédure, reçoit cette fois la cote «B» qui lui laisse toutes ses chances. Alors que la favorite en 2003, Marie-Laure Roggemans de la Fondation Roi Baudouin qui avait été classée «B», reçoit aujourd'hui un «C», sans autre justification. On sait - lire nos éditions précédentes - que pour le Cinquantenaire, Malou Haine qui avait été classée «B» se retrouve «C», alors qu'elle peut faire valoir le lancement réussi du musée des instruments de musique. Les critères auraient-ils changé?

Combat aux Beaux-Arts

De manière générale, le nombre de candidats dans la seconde série d'examens a été moindre que l'an dernier et le nombre de lauréats (classés «A» et «B») nettement moindre. Il n'y a plus qu'un seul «A» : Guido Gryssels, le brillant directeur du musée de Tervuren.

Aux musées royaux des Beaux-Arts, les deux candidats en tête l'an dernier se retrouvent à nouveau en tête comme étant les seuls cotés «B». Ce sont Michel Draguet, professeur à l'ULB, et Frédéric Leen, directeur ad interim des Beaux-Arts. Le combat reste vif entre eux. Pour les Archives générales du Royaume, Karel Velle, venu des Archives et qui travaille au cabinet du ministre Verwilghen en charge de ces établissements, serait cette fois bien placé contrairement à l'an dernier. Mais les jeux ne sont pas encore finis.

À l'Observatoire royal, ce serait un néerlandophone, nouveau venu, qui serait le seul lauréat, avec un «B».

© La Libre Belgique 2005