La culture à 1,25 € pour les démunis

Si le prix est un obstacle majeur à la culture pour les personnes défavorisées, il l'est moins depuis cinq ans en Communauté française, grâce au travail réalisé par l'association «Article 27». Plus de 40.000 tickets sont utilisés par an. Depuis le 1er janvier, ils peuvent l'être dans toute la Communauté.

Sophie Lebrun
La culture à 1,25 € pour les démunis
©Etienne Scholasse

Si le prix est un obstacle majeur à la culture pour les personnes défavorisées, il l'est moins depuis cinq ans en Communauté française, grâce au travail réalisé par l'association «Article 27».

Fondée par la comédienne Isabelle Paternotte et le directeur du Théâtre de Poche Roland Mahauden et financée principalement par la Communauté et les Régions, elle vise à faciliter l'accès à la culture pour des personnes en difficulté socio-économique, plus précisément les bénéficiaires d'une aide sociale du CPAS ou d'une aide à la réinsertion sociale et/ou professionnelle. Elle leur propose des tickets au prix de 1,25 € valables pour de nombreux spectacles, concerts, séances de cinéma, musées, festivals... Et elle fournit par ailleurs un travail d'éducation permanente qui rapproche ce public de la culture: rencontre avec un artiste, préparation au spectacle, visite guidée, etc. Le tout, en partenariat avec des services sociaux (CPAS, centres d'alphabétisation...) qui sensibilisent les utilisateurs et fournissent les tickets, et avec des opérateurs culturels (théâtres, musées...) qui leur ouvrent toute leur programmation - parfois pour un nombre de places limité.

En cinq ans, l'opération a pris de l'ampleur. En 2003 (derniers chiffres), 40.000 tickets ont été utilisés, et ce via 12 cellules réparties en Wallonie et à Bruxelles, 433 partenaires sociaux et 262 partenaires culturels. Depuis lors, l'asbl a ouvert une cellule supplémentaire à Marche. Restent le sud du Luxembourg et la botte du Hainaut, et tout le territoire de la Communauté française sera couvert par le service «Article 27» dans le courant de 2005, en principe. Un projet vise également à couvrir la Communauté germanophone.

Sans frontières

Le système s'affine avec le temps. Ainsi, depuis le 1er

janvier 2005, le bénéficiaire peut accéder aux manifestations culturelles de toute la Communauté, alors qu'auparavant, il ne pouvait accéder qu'à celles de sa région. Le site Internet de l'asbl (www.article27.be) s'est également bien développé.

Si l'opération a fait ses preuves, l'avenir n'est pas tout tracé pour l'asbl, qui se bat pour consolider ses moyens humains. «Nous avons demandé un complément pour payer nos employés à 100 pc et non à 90 pc comme c'est le cas actuellement. Et surtout pour payer quatre mi-temps que nous avons engagés en décembre pour travailler dans les cellules qui n'avaient pas encore d'employé «Article 27», et donc vivotaient. C'était indispensable, indique Catherine Legros, coordinatrice d'«Article 27» en Région wallonne, qui précise qu'un accord existait à la fin de la législature précédente à ce sujet. Mais nous craignons une mauvaise nouvelle de la Région wallonne». La majeure partie du budget de ces emplois a certes été dégagée par le ministre de l'Emploi, mais l'asbl attend toujours l'indispensable complément des Affaires sociales, «où l'on nous dit être occupé à étudier les budgets parce que la majorité précédente aurait fait trop de promesses...».

Une fois ses équipes consolidées, l'asbl espère avancer sur un autre objectif: élargir son public-cible, aux demandeurs d'emploi, aux VIPO et aux jeunes placés par le SAJ notamment.

© La Libre Belgique 2005