Crises aux Halles et aux Tanneurs

Comme «Le Soir» le signalait vendredi, c'est la crise dans deux importantes scènes francophones à Bruxelles. Aux Tanneurs, la directrice Geneviève Druet et son adjoint Michel Steyaert ont été tous les deux licenciés lors d'une séance du conseil d'administration qui a eu lieu il y a huit jours et qui a décidé à l'unanimité. Vincent Thirion a été nommé directeur faisant fonction pour cinq mois. Il fera régulièrement rapport au bureau du CA.

Guy Duplat
Crises aux Halles et aux Tanneurs
©YVES GERVAIS

Comme «Le Soir» le signalait vendredi, c'est la crise dans deux importantes scènes francophones à Bruxelles. Aux Tanneurs, la directrice Geneviève Druet et son adjoint Michel Steyaert ont été tous les deux licenciés lors d'une séance du conseil d'administration qui a eu lieu il y a huit jours et qui a décidé à l'unanimité. Vincent Thirion a été nommé directeur faisant fonction pour cinq mois. Il fera régulièrement rapport au bureau du CA. Et un appel à candidatures sera lancé pour désigner le successeur.

Aux Halles de Schaerbeek, le mandat de trois ans d'Annick de Ville, successeur de Philippe Grombeer, arrivera à échéance en août. Le conseil d'administration a pris la décision de ne pas le renouveler. Ici aussi, un appel à candidatures sera lancé dans les prochaines semaines.

Il est toujours difficile de faire la part exacte des choses dans ces crises qui mêlent beaucoup de problèmes institutionnels, voire personnels et émotionnels.

Geneviève Druet avait achevé un premier mandat de cinq ans et entamait son second. La présidente du CA des Tanneurs, Marie-Paule Delvaux-Godenne, l'épouse d'André Delvaux, nous a expliqué son point de vue. Les choses se seraient dégradées à partir d'août 2004, d'autant que la directrice est tombée malade. La situation s'est alors rapidement délitée. L'équipe est venue voir le CA en octobre pour dénoncer la «non-gestion» de Geneviève Druet. «J'aimais beaucoup Geneviève qui a très bien travaillé dans son premier mandat et elle est une très bonne programmatrice, commente la présidente du conseil, mais on ne savait pas tout. Elle avait l'habitude de faire confiance aux gens mais omettait de contrôler les choses.»

Le conseil a demandé à un de ses administrateurs, Henry Goffin, de Charleroi/Danses, de faire un audit interne. Il a rempli cette tâche pendant deux mois et a découvert un grand laisser aller dans la gestion administrative, financière et dans la gestion de l'équipe: des factures non réglées, des règlements absents, des nominations faites sans en référer au CA, etc. Etait entre autres visée l'ascension de Michel Steyaert, engagé comme chargé de la communication et qui est devenu adjoint à la direction sans que le conseil ait été mis au courant. «Il fallait réagir, dit la présidente du conseil. Et nous avons décidé à l'unanimité de licencier Geneviève Druet et Michel Steyaert, ce dernier parce que son poste est dorénavant supprimé. Ce fut une décision extrêmement douloureuse.»

Geneviève Druet, en dépression, conteste ces reproches et elle parle du «harcèlement» dont elle a été victime de la part d'un membre de l'équipe.

Les ressources humaines

La crise aux Halles de Schaerbeek est très différente. Annick de Ville avait été nommée il y a près de trois ans pour succéder à Philippe Grombeer qui dirigeait les Halles depuis leur naissance il y a 25 ans. Philippe Grombeer venait d'être nommé à la tête du Théâtre des Doms à Avignon. Annick de Ville avait été codirectrice de Bruxelles 2000 avec Guido Minne. Elle a d'ailleurs toujours oeuvré dans cet esprit et entretenu de très bons liens avec les milieux culturels flamands à Bruxelles, ce que d'aucuns lui ont reproché. Intelligente, bonne programmatrice, elle semble avoir échoué dans la gestion des ressources humaines. Elle s'est brouillée avec une partie de l'équipe et n'a pas vu venir la fronde des gens avec qui elle travaillait. L'équipe s'est alors révoltée et le conseil d'administration a choisi de ne pas renouveler son mandat, au moment même où celui des Tanneurs décidait de licencier sa directrice. Deux femmes quittent ainsi des postes à responsabilité. Triste coïncidence.

© La Libre Belgique 2005

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