Charleroi/Danses changera profondément

Comme on l'aura lu dans nos précédentes éditions, la représentante de la ministre de la Culture Fadila Laanan a donné mardi soir au conseil d'administration de Charleroi/Danses les grandes options de la ministre. Celles-ci ne sont pas encore très claires et en particulier ne sont apparemment pas chiffrées. Le CA répondra à ces projets mardi prochain. Mais d'ores et déjà quelques options apparaissent.

GUY DUPLAT

ANALYSE

Comme on l'aura lu dans nos précédentes éditions, la représentante de la ministre de la Culture Fadila Laanan a donné mardi soir au conseil d'administration de Charleroi/Danses les grandes options de la ministre. Celles-ci ne sont pas encore très claires et en particulier ne sont apparemment pas chiffrées. Le CA répondra à ces projets mardi prochain. Mais d'ores et déjà quelques options apparaissent.

Charleroi/Danses, comme on l'a connu du temps de Frédéric Flamand, c'est fini. On n'aura plus autour du centre chorégraphique le même périmètre d'activités, de subventions, centré sur un directeur artistique unique. L'option est de donner un projet pour la Raffinerie à Bruxelles et de constituer ainsi deux pôles pour la danse. Le premier, à Charleroi, continuera à être celui de la création et de la production. Le second, à la Raffinerie, sera centré sur des résidences de chorégraphes, des expérimentations, des formations et un centre de documentation. La Raffinerie qui n'a jamais reçu les moyens de se développer devra donc reprendre une partie du budget de Charleroi.

On nommera deux directeurs artistiques autonomes, même s'ils sont appelés à collaborer et seront peut-être chapeautés par un même organe commun.

Charleroi se recentrera - avec un budget forcément réduit - sur la seule création et l'accueil, peut-être, de chorégraphes belges ou étrangers. Mais on ne dit plus rien des coproductions ni de la Biennale de danse qui était une des grandes réussites de Frédéric Flamand.

Cette redéfinition des rôles était demandée par la RAC (rassemblement de nombreux chorégraphes) et la FAS (la fédération des arts de la scène) mais elle ne fait pas l'affaire de Charleroi qui réclamait de conserver son périmètre d'activités.

Deux appels à candidatures seront lancés pour trouver les deux directeurs artistiques. Pour Charleroi un appel international et pour la Raffinerie un appel plus interne à la Communauté. Un comité d'experts (représentants du CA et de l'administration, professionnels de la danse) précisera les conditions de l'appel à candidatures et étudiera les dossiers rentrés.

Si le cadre général est tracé, beaucoup d'ombre subsiste. On a déjà évoqué l'avenir de la Biennale et des coproductions, mais il y a surtout le sort de la compagnie fixe d'une quinzaine de danseurs qui dépendra des projets remis. Il faudra aussi donner aux candidats directeurs une idée des futurs budgets. Mais comment les déterminer? Ils seront eux-mêmes dépendants des projets et du maintien éventuel d'une compagnie fixe. Ces incertitudes pèsent bien entendu, car il est urgent de trouver un nouveau directeur artistique pour faire travailler l'institution au-delà de juillet 2005.

De plus, Charleroi/Danses n'a toujours pas reçu son avenant au contrat-progamme et évolue dans le flou budgétaire comme les autres contrats-programme, suspendus à la décision qui sera prise pour Charleroi.

© La Libre Belgique 2005