La Belgique veut rattraper son retard

En lisant "L’Echo", ce jeudi, la ministre belge de la Politique scientifique, Sabine Laruelle, a failli s’étrangler. Viviane Reding, la commissaire chargée des nouvelles technologies, déclarait que "la participation belge à Europeana" est décevante: " Les deux millions d’objets mis en ligne au début viennent pour moitié de France.

Guy Duplat

En lisant "L’Echo", ce jeudi, la ministre belge de la Politique scientifique, Sabine Laruelle, a failli s’étrangler. Viviane Reding, la commissaire chargée des nouvelles technologies, déclarait que "la participation belge à Europeana" est décevante: "Les deux millions d’objets mis en ligne au début viennent pour moitié de France. Pour la Belgique, c’est très décevant: seulement 0,5 pc des objets qui sont sur Europeana viennent de Belgique. Pour un grand pays de culture comme le vôtre, il y a moyen de faire mieux. Ce n’est pas l’Europe qui numérise les objets, ce sont les instituts culturels nationaux qui le font et qui les mettent ensuite à disposition de la bibliothèque numérique européenne."

Ce bonnet d’âne placé sur la tête de la Belgique n’a pas plu à la ministre qui l’a dit jeudi midi, en privé et public, à Viviane Reding. Et Sabine Laruelle veut démontrer que c’est faux, même s’il faut avouer (lire par ailleurs) que le retard pris est bien réel

La ministre nous a rappelé que le gouvernement belge a déjà consacré plus de 15millions d’euros à numériser les trésors de ses institutions scientifiques fédérales. Et à cela s’ajoutent les efforts fournis par les Communautés et les Régions (numérisation des archives RTBF par exemple).

Pour 2008, elle a obtenu deuxmillions d’euros supplémentaires pour numériser une partie des films de la Cinémathèque royale de Belgique. Et pour 2009, elle a fait inscrire à nouveau deuxmillions d’euros pour servir de point de départ à un ambitieux plan de digitalisation privé-public qu’elle entend déposer sur la table du gouvernement début décembre. Elle ne veut pas encore dévoiler ce plan, mais il devrait porter sur quelque 150millions d’euros sur dix ans, soit 10 à 15millions par an, moitié public, moitié privé. Ce partenariat privé-public reste à déterminer. Il s’agira de convaincre le privé d’y participer à titre de mécénat de compétences, "comme cela se fait entre Suez et le musée des Beaux-Arts pour le musée Magritte", précise la ministre. Mais cela ne suffira sans doute pas. Il faudra aussi autoriser une certaine commercialisation mais sous strictes conditions, car cela ne pourrait pas mener à privatiser un patrimoine qui appartient à tous.

L’enjeu est donc gros, et ce plan ne sera pas aisé à faire passer dans le contexte de très grosses difficultés budgétaires et financières que connaît la Belgique. Mais le succès d’Europeana et la sortie dénigrante de Viviane Reding pourraient aider Sabine Laruelle à convaincre ses collègues. Il s’agira aussi de chercher des aides européennes (la banque européenne d’investissement) pour aider à payer ce plan.

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