Gros projet pour le Musée juif

Le Musée juif de Belgique est installé depuis quelques années à la rue des Minimes, près du Sablon, à Bruxelles. Ce bâtiment de 1901 fut longtemps une école allemande dépendant de l’Allemagne.

Guy Duplat
Gros projet pour le Musée juif
©Matador

Le Musée juif de Belgique est installé depuis quelques années à la rue des Minimes, près du Sablon, à Bruxelles. Ce bâtiment de 1901 fut longtemps une école allemande dépendant de l’Allemagne. Ce fut à l’instigation de Jean Gol que ce bâtiment, qui fut un temps propriété de la Communauté germanophone, accueillit le Musée juif, confiné jusque-là dans de petits espaces à la rue de Stalingrad. Le musée reçut ensuite le bâtiment à l’arrière, l’école proprement dite qui sert maintenant pour les expos temporaires. En tout, 3 200 m2. En quelques années, le musée a largement montré sa nécessité par une suite d’expos passionnantes. Mais ses locaux n’étaient pas adaptés. Le bâtiment à front de rue était délabré, il manquait un auditorium et une cafétéria, etc.

"Le Musée juif de Belgique" dépend en fait de la Communauté française. La ministre de la Culture Fadila Laanan lui octroya, en 2006, 2,5 millions d’euros pour un aménagement. En 2008, Picqué, pour la Région bruxelloise, lui donna 2,5 millions de plus dans le cadre de Beliris (l’aide du fédéral à Bruxelles). Avec cinq millions, on pouvait lancer un concours d’architectes qui intéressa 19 bureaux belges et internationaux. Les cinq finalistes étaient Holzer-Kobler (Suisse), Mayor-Coiffart (France) et trois Belges (Matador, Metzger et V+). En juin dernier, un jury désignait le bureau Matador associé aux bureaux ADN et Archiscénographie.

Tous les projets (plans et maquettes) sont montrés au premier étage du Musée juif. Le projet primé maintient la façade mais y ajoute une "casquette" en pierre grise (du style de Peter Zumthor) avec des percées latérales sur la ville et zénithales. Il y a ainsi sept percées dans le "toit" qui se prolongent par des colonnes creuses traversant tout le bâtiment, métaphore des sept points de l’étoile de David et manière aussi d’ouvrir le ciel à chaque étage. Le projet prolonge le bâtiment avant vers la cour afin de libérer les plateaux d’expos et d’installer les escaliers et les parties techniques dans l’aile neuve. On y ajoute un auditorium souterrain sous la cour et une cafétéria sur les côtés. Il faut maintenant obtenir le permis d’urbanisme. Idéalement, les travaux démarreraient fin 2012 pour se terminer fin 2014, le musée restant fermé deux ans.

En attendant, on peut voir aussi, aux deux étages, une expo des œuvres offertes par les donateurs, comme cette photo rarissime de Jérusalem de 1859, des objets rares, des tableaux de Felix Nussbaum, etc. Au rez-de-chaussée, une expo rend hommage au "Yiddishland" qui se créa en URSS sous Staline de 1921 à 1938, avec soixante tirages photographiques venus des archives de l’ORT en France. L’ORT est une très ancienne ONG juive qui aida les Juifs russes à survivre après les centaines de pogroms qui les frappèrent. Une vraie utopie à l’intérieur de l’utopie communiste.


Jusqu’au 31 janvier, rue des Minimes, 21. De 10h à 17h. Fermé le lundi.