Musées : les chiffres de Sleurs confirmés, l’austérité va bien frapper durement les institutions

Elke Sleurs a confirmé les économies imposées. Très dures. Ces chiffres n’ont rien de neuf. Ils étaient déjà annoncés depuis des mois. Ce qui est, hélas, neuf est qu’il n’y a rien de neuf et que l’austérité va bien frapper encore durement ces institutions.

Guy Duplat
Musées : les chiffres de Sleurs confirmés, l’austérité va bien frapper durement les institutions
©Bortels

La semaine dernière, la secrétaire d’Etat à la Politique scientifique Elke Sleurs (N-VA) a distribué en commission de la Chambre, suite à une question, les chiffres précis des dotations prévues jusqu’en 2019 pour les établissements scientifiques fédéraux (les ESF : Musées fédéraux, Observatoire royal, Bibliothèque royale, etc.). « Le Soir » de mercredi, les a largement repris. Ces chiffres n’ont rien de neuf. Ils étaient déjà annoncés depuis des mois. Ce qui est, hélas, neuf est qu’il n’y a rien de neuf et que l’austérité va bien frapper encore durement ces institutions. Cela confirme à nouveau qu’elles n’ont pas bénéficié de « l’exception culturelle » accordée par Didier Reynders (MR) aux institutions biculturelles fédérales (Bozar, Monnaie, ONB) qui ont reçu une réduction pérenne et importante des mesures d’austérité imposées à tous les départements fédéraux.

Pas de cela par contre pour les ESF. On ne tient pas compte de la spécificité culturelle et scientifique, ni des efforts très importants déjà fournis ces dernières années en termes de recettes propres et d’économie. La dotation de la Bibliothèque royale passera ainsi, de 7,2 millions en 2014 à 5,8 millions en 2019, les Archives générales descendront de 5,4 à 4,5 millions d’euros, le musée de Tervuren tombera de 3,9 à 3,4 millions, le musée des Beaux-Arts, de 4,4 à 3,7 millions, etc. Une baisse de 10 à 20 % selon les cas. Ces chiffres confirment aussi ce qui a été dit depuis le début : les 11,2 millions d’euros, bienvenus, accordés par Elke Sleurs en plus cette année, sont bien une opération unique (one shot) pour des investissements neufs et ciblés.

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Successeur de Mettens

On attend maintenant le choix d’Elke Sleurs du remplaçant de Philippe Mettens à la tête de Belspo, la politique scientifique. Comme on le sait, cinq candidats ont été classés en tête par le Selor : Quatre d’entre eux ont eu la cote B1 : Philippe Mettens lui-même, René Delcourt qui est pour l’instant, le président ad interim de Belspo, Arnaud Vajda et Bruno Verbergt et une personne classée après ses quatre avec la cote B2 : Jurgen Tack. On attend aussi pour fin juillet l’évaluation à mi-mandat de Michel Draguet, le directeur du musée des Beaux-arts et l’objet d’une agressivité particulière, répétée et publique d’Elke Sleurs. Mais l’évaluation sera faite non pas par elle mais par René Delcourt, le directeur a.i. de Belspo.