La culture se déconfinera dès le 30 avril : "Le gouvernement a beaucoup trop tiré sur la corde de l'arbitraire"

Dans le cadre de la 5e action de #StillStandingForCulture, centres culturels, cinémas et théâtres vont rouvrir au public.

Céline Decastiau et sa marionette Boma
Céline Decastiau et sa marionette Boma ©AP

La colère monte", titrait La Libre jeudi matin, au lendemain du Comité de concertation (Codeco) qui, une nouvelle fois, a mis la culture de côté, se limitant à fixer une nouvelle réunion ce vendredi 23 avril et à annoncer le lancement d’expériences-tests dans certains secteurs économiques, en vue d’étudier les modalités pratiques et scientifiques de leur reprise. "Les restrictions décidées fin mars ont impacté la plupart des secteurs, a rappelé dimanche le mouvement citoyen #StillStandingForCulture. Le déconfinement du 26 avril était donc l’occasion de répartir enfin les efforts solidairement sur l’ensemble de la société. Occasion ratée, une nouvelle fois." Au mieux, la culture pourra reprendre en extérieur à partir du 8 mai, mais pour des événements limités à 50 personnes. Un redémarrage des activités en intérieur ne sera, lui, envisageable que d’ici juin, à condition que les soins intensifs comptent moins de 500 patients Covid.

"Le gouvernement a trop tiré sur la corde"

Meurtri par tant de "mépris" et exténué par des mois de paralysie - "hormis les musées et bibliothèques, les lieux culturels sont mis sous cloche depuis six mois, pointe #StillStanding. Les centres culturels, cinémas et théâtres ont été fermés neuf mois sur treize depuis le début de l’épidémie tandis que les salles de concert n’ont jamais pu rouvrir depuis mars 2020" -, le secteur culturel a donc décidé de "braver l’interdiction d’un gouvernement qui a beaucoup trop tiré sur la corde de l’arbitraire".

Tandis que le porte-parole du collectif, Gwenaël Breës, annonçait il y a peu dans nos colonnes que "la culture pourrait s’autodéconfiner dès le 25 avril" , l’idée a mûri : à la parole se joignent désormais les actes. Dans le cadre de la 5e action de #StillStanding, et dans le sillage des actions menées ces derniers mois - concerts de Quentin Dujardin (six nouveaux concerts sont prévus en la chapelle de St-Fontaine entre le 23 et le 25 avril) ; ouverture du KVS le 26 avril pour cinq jours ; occupations du Théâtre national, de la Balsamine (on apprenait dimanche que la direction de la Monnaie a demandé aux occupants de quitter les lieux le soir-même) -, "de nombreux centres culturels, cinémas, théâtres et lieux associatifs s’apprêtent à rouvrir leurs portes au public". Concrètement, entre le vendredi 30 avril et le samedi 8 mai, chaque jour auront lieu des activités culturelles en Belgique : spectacles, projections, débats, musique, performances, répétitions publiques, etc. Avec, en point d’orgue, le 1er mai, fête des travailleurs et travailleuses. Annoncées, ces activités sont organisées en concertation avec #StillStandingForCulture, les artistes ainsi que les directions et équipes des différents lieux concernés. Elles sont également fonction des réalités de terrain de chaque participant.

Ouvrir dans le respect des protocoles sanitaires

À quelques jours d’un nouveau Codeco qui sera, notamment, dédié au secteur culturel, la marmite bout. "Les lieux culturels ouvriront parce qu’ils ne veulent plus attendre ‘que la situation épidémiologique le permette’. Ils ne peuvent être tenus responsables de la situation dans les soins intensifs, défend encore le mouvement citoyen. Conditionner leur réouverture à de nouvelles mesures ou expériences (de nombreuses expériences-tests ont déjà été menées à l’étranger et aucune étude n’a jamais décelé la naissance d’un cluster), à des critères épidémiologiques ou aux avancées de la vaccination, c’est s’acharner à perpétuer une inégalité de traitement inacceptable." Dès lors, "ils ouvriront comme ils auraient dû être autorisés à le faire depuis des mois : dans le respect des protocoles sanitaires décidés par les pouvoirs publics et qui ont été appliqués en 2020, garantissant à la fois la sécurité du public, des équipes, des artistes mais aussi un minimum de rentabilité économique". Et de conclure : "Face à la précarité grandissante des travailleurs de la culture et aux conséquences que cette crise va faire peser durablement sur notre secteur, la réouverture des lieux culturels n’est qu’un tout petit pas vers un avenir moins sombre. Mais un pas que nous devons franchir sans plus attendre. Le printemps culturel est enfin arrivé !"

Sur le même sujet