Statut d'artiste: une réforme jugée précipitée par le secteur

“Une autre réforme du ‘statut d’artiste’ est possible”, affirment dans un communiqué publié dimanche plusieurs groupes et associations représentant le secteur culturel, dont l’ATPS, la CCTA, le mouvement F(s), METAL.

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© Claire Allard

Les signataires – dont la liste figure ci-dessous – déplorent la hâte “de la concertation dans les réunions du groupe WITA” (Working in the arts, plateforme participative sur laquelle avait été lancé un appel à témoigner des réalités du terrain). “Pour beaucoup d’entre nous (fédérations, associations, travailleur·euses), cette note ne répond pas aux réalités de travail de l’ensemble du secteur culturel et artistique”, à commencer par l’importante diversité des pratiques et conditions de travail.

“L’occasion de cette réforme nécessite un véritable travail de fond, mené à un rythme qui puisse être soutenu par des représentant·es du secteur, et permettre des allers-retours constructifs et indispensables avec la base. Les enjeux sont trop grands pour qu’une telle réforme soit menée dans la précipitation.”

Voici le communiqué intégral, la liste des signataires et les liens vers les travaux menés au sujet du statut par les différentes fédérations :

Une autre réforme du "statut d'artiste" est possible

A propos de la note Working In The Arts (WITA) concernant la réforme du « statut » des travailleur·euse·s culturel·le·s

Par ce communiqué, nous marquons notre désaccord avec la proposition de réforme Working in the Art relative à la protection sociale des travailleur·euses culturel·les, la précipitation de la concertation dans les réunions du groupe WITA et le manque de considération pour la pluralité des avis.

Cette proposition de réforme ne fait pas consensus au sein du secteur.

De nombreuses analyses, communiqués ou encore réactions sur les réseaux sociaux dans des groupes dédiés, rédigés par des organisations représentatives ou des travailleur·euse·s, contredisent cette soi-disant unanimité du secteur en faveur de la note WITA. Vous pouvez consulter les analyses de certain.e.s co-signataires de ce communiqué ci-dessous.

Cette ébauche de réforme a été rédigée bien trop rapidement et sans prise en compte de la pluralité des voix exprimées. Pour beaucoup d’entre nous (fédérations, associations, travailleur·euses), cette note ne répond pas aux réalités de travail de l'ensemble du secteur culturel et artistique.

Il est grand temps de reconnaître que notre secteur, nos conditions de travail, nos pratiques sont plurielles. Plurielles et complémentaires, œuvrant toutes au service de ce bien commun qu'est la culture.

Dès lors, nous demandons l’arrêt de cette fausse urgence (de faire passer la réforme à la hâte dans les prochains mois). Nous demandons la poursuite de la réflexion entamée jusqu’à la mise sur pied d’une réforme basée sur d'autres scénarios que cette proposition du WITA, qui prenne vraiment compte des réalités des acteurs et actrices de la culture, et pourquoi pas d'autres formes d'intermittence.. L’urgence invoquée pour accélérer les débats et produire une note en seulement quelques semaines répond à un agenda purement politique.

L’occasion de cette réforme nécessite un véritable travail de fond, mené à un rythme qui puisse être soutenu par des représentant·e·s du secteur et qui puisse permettre des allers-retours constructifs et indispensables avec la base. Les enjeux sont trop grands pour qu'une telle réforme soit menée dans la précipitation.

Signataires de ce communiqué :

  • ATPS (Association de technicien·nes professionnel·les du spectacle)
  • CCTA (Chambre des Compagnies de Théâtre pour Adulte)
  • F.(s)
  • CSC Culture
  • METAL (Mouvement des Étudiant·es et Travailleur·euses des Arts en Lutte)
  • Conseil général SETCa-Culture
  • SMart
  • FAP (Fédération des arts plastiques asbl)

Publications au sujet de la note WITA émanant des co-signataires de ce communiqué :

Nous vous encourageons également à lire l'excellente analyse de l'atelier des droits sociaux.