Covid Safe Ticket: "Certains opérateurs culturels refuseront de l'appliquer"

La Balsamine, Le Rideau, Le 140, le Varia, le Nova..., une tentraine de structures demandent que le CST reste optionnel.

L'échéance du 1er octobre approche à grands pas et, avec elle, l'instauration du Covid Safe Ticket (CST) en région bruxelloise dans divers secteurs, dont la culture.

Pour mémoire, jusqu'à présent, les salles de spectacle de plus de 200 places en intérieur (et 400 en extérieur) avaient le choix: imposer le CST ou appliquer le CIRM (Covid Infrastructure Risk Model), c'est-à-dire port du masque et distanciation physique entre chaque bulle de spectateurs. Mais le processus de vaccination étant en moins bonne voie à Bruxelles, les autorités ont décidé d'imposer le CST dès le mois d'octobre. La Région wallonne a, quant à elle, décidé ce jeudi de l'appliquer dès le 15 octobre.

À la confusion de la rentrée culturelle (les normes sanitaires ne sont pas les mêmes en Flandre, Wallonie et Bruxelles) s'ajoute désormais une vague de mécontentement : une trentaine de structures culturelles (dont la liste se trouve ci-joint) ont prévenu les autorités compétentes, par voie de communiqué, qu'elles sont "en désaccord total concernant l'instauration d'un Covid Safe Ticket". "Sans une possibilité actée dans l'ordonnance de Bruxelles-Capitale d'utiliser le CIRM, certains opérateurs refuseront purement et simplement de l'appliquer et n'hésiteront pas à manifester".

La raison? "Ce mécanisme est contraire à toutes les valeurs défendues par la culture qui garantit un espace protégé à la liberté d'expression et d'opinions; et assure la démocratisation effective en permettant l'accès de tous les publics."

"Les opérateurs culturels rassemblent et font lien avec toute la population, sans exclusion. Nous refusons de participer à la division de la société et à la stigmatisation de certains publics. Par ailleurs, les opérateurs culturels ne sont pas des agents de la force publique. Leur imposer une obligation de contrôle des publics est encore une mission en totale contradiction avec les valeurs qu’ils portent."

"Nous refusons d'être instrumentalisés. Ca suffit!"

Et d'ajouter: "D'un point de vue épidémiologique, le CST ne garantit pas l'absence de transmission du virus. Le public vacciné pouvant être porteur du virus et le transmettre au public qui présente un test négatif lors de la représentation puisque le public est sans masque dans ce cadre. Nous déduisons donc de cette nouvelle obligation, un enjeu politique, celui de la vaccination des publics (jeunes y compris). Cette question est politique et ne concerne pas les opérateurs culturels qui ont pour seule mission de garantir la sécurité des publics qu'ils accueillent".

Dès lors, "aujourd'hui, nous refusons d'être instrumentalisés dans votre gestion de crise hasardeuse (premier secteur fermé, dernier secteur ouvert, incitant à la vaccination) ÇA SUFFIT ! Nous demandons et accepterons uniquement des conditions qui permettent la sécurité sanitaire de nos publics".

"Nous demandons donc avec fermeté de pouvoir utiliser le CIRM : 100% CIRM en tout public et en scolaire avec masque au-dessus de douze ans. Le CST doit rester optionnel et ne peut en aucun cas concerner les publics de moins de 18 ans qui devraient uniquement être soumis à l’obligation de porter le masque en tout public et en scolaire."

Des réservations annulées

"Par ailleurs, nous vous informons que l’annonce de l’instauration d’un CST entraîne des réactions violentes de nos publics. Certains annulant toutes leurs réservations et assurant qu’ils ne reviendront pas dans les lieux qui imposent cette obligation en totale contradiction avec les valeurs portées par la culture. Cette situation, qui est de votre unique responsabilité, est également imputée aux opérateurs par des mails et des appels violents. En outre, elle aura clairement un impact sur la viabilité économique des opérateurs et des travailleur.euse.s du secteur. Pour les raisons évoquées, nous vous demandons de revoir votre position et d’acter que le CST reste optionnel."

La liste des signataires

Aires Libres (Fédération Professionnelle des Arts de la Rue, des Arts du Cirque et des Arts Forains - en Belgique francophone)

ACC (Association des Centres Culturels)

ASSPROPRO (Association des Programmateurs Professionnels)

ASTRAC, (Réseau des professionnels en Centres culturels asbl)

ATPS (Association de Technicien·ne·s Professionnel·le·s du Spectacle)

Cinéma Nova

Collectif H2Oz

ékla – (Centre scénique pour l’Enfance et la Jeunesse de Wallonie)

Foule Théâtre

INTI THÉÂTRE

L’Anneau Théâtre

L’ARRF (Association des Réalisateurs francophones)

La CTEJ (Chambre des Théâtres pour l’Enfance et la Jeunesse)

La CCTA (Chambre des Théâtres adultes)

La Montagne magique

La RAC (Rassemblement des Arts Chorégraphiques)

La Roseraie

L’UAS (Union des Artistes du spectacle)

La Vénerie - Espace Delvaux/Les Ecuries – Centre culturel de WB

Parcours ASBL - Compagnie Félicette Chazerand

Prodiff Collectif (Travailleur.euse.s de la production et de la diffusion)

Sequenza Cie

StillStanding for Culture

Théâtre la Balsamine

Théâtre Le Rideau de Bruxelles

Théâtre Varia

MicMac Théâtre

Welcome to Earth

Théâtre de l’EVNI

Théâtre du Copeau

Quai 41

les Zerkiens

L’Inconnue

Théâtre AGORA

CTEJ

Le 140

Théâtre de la Guimbarde

La Maison du Spectacle - La Bellone

Le Senghor - Centre Culturel d’Etterbeek

Nyash


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