Réforme du statut de l'artiste: l'UPAC-T salue l'accord gouvernemental, la CSC Culture a encore beaucoup d'inquiétudes

L'Union des Professionnels des Arts et de la Création (UPAC-T) salue mercredi l'accord atteint la veille en intercabinet sur la réforme du statut d'artiste.

Réforme du statut de l'artiste: l'UPAC-T salue l'accord gouvernemental, la CSC Culture a encore beaucoup d'inquiétudes
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Belga

"Nous saluons l'accord et plusieurs aménagements qu'il contient et qui font référence aux balises que nous avions mises dans nos demandes", souligne Virginie Devaster, porte-parole à l'UPAC-T. "Notamment pour ce qui est des règles du chômage, des conditions d'accès au statut pour les plus jeunes ou encore la prise en considération des congés de maternité ou des périodes pendant lesquelles l'artiste effectue un travail invisible". Certains points d'attention demeurent encore, dit-on à l'UPAC-T. Notamment pour ce qui est de la commission qui sera créée. Une nouvelle commission du travail des arts sera en effet mise sur pied pour statuer sur l'accès à cette reconnaissance d'artiste. Elle se composera de 18 membres, dont 50% de représentants des travailleurs des arts et des représentants des institutions publiques de sécurité sociale (Onem, ONSS et Inasti), des organisations syndicales et patronales. "Nous serons attentifs à son fonctionnement et nous attendons du qualitatif et ce pour tous les métiers. Qu'en sera-t-il des bédéistes, des plasticiens, des droits d'auteur...?"

"Nous remercions les cabinets des ministres Pierre-Yves Dermagne (Emploi) et Frank Vandenbroucke (Affaires sociales) pour leur volonté à continuer à se concerter. Il y aura ainsi un nouveau groupe Wita --réunissant tous les acteurs du métier dans le cadre d'une concertation large (ndlr)-- qui se penchera sur les points d'attention qui restent. Le terrain peut de ce fait participer à la discussion, nous en sommes reconnaissants", assure encore Virginie Devaster.

Le texte de loi et les deux arrêtés royaux devraient passer en première lecture ce vendredi en conseil des ministres.

la CSC Culture a encore beaucoup d'inquiétudes

La CSC Culture se réjouit de la volonté du gouvernement d'améliorer la situation matérielle des travailleurs du secteur culturel, mais pas en créant un "statut" de "chômeur ++" pour quelques élus, a quant à lui réagi le syndicat chrétien mercredi. "Sous réserve, car nous devons prendre connaissance des derniers textes qui ont fait l'objet de l'accord, nous avons l'impression que le gouvernement se contente de rendre plus confortable une situation de 'chômeur à vie', qui, même dorée, restera une prison pour quelques élus et, paradoxalement, précarisera d'autres travailleurs du secteur qui ne l'étaient pas jusqu'ici", déplore la CSC Culture. "Sans compter l'incompréhension que ce "statut favorisé de chômeur" va créer pour les centaines de milliers d'autres travailleurs aux revenus insuffisants et intermittents qui ne bénéficieront pas de ces aménagements".

Qu'en est-il de la discussion sur le conditionnement strict des subsides à la rémunération des prestataires par contrat de travail, pour l'ensemble des prestations, se demande aussi l'organisation syndicale.

"Selon nous, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Cocom doivent pouvoir subventionner des intermittents culturels et proposer ainsi une véritable solution structurelle via des emplois subsidiés (comme les sportifs en FWB) ou des bourses (à l'instar des chercheurs) avec un transfert partiel du budget 'statut artiste chômeur' de l'Onem", souligne Vinciane Convens, Secrétaire Nationale CNE.

"Nous proposons également le développement de mécanismes sectoriels pour rémunérer le travail invisible et les débuts de carrière, et pour compenser l'intermittence inhérente à tous les métiers du secteur (fonds de solidarité, bourses de création,?)", précise Martin Willems, responsable United Freelancers.