Enfin, un projet de rénovation du Conservatoire royal de Bruxelles

Le coût total de l’opération de rénovation s’élève à 75 millions d’euros.

Belga
Enfin, un projet de rénovation du Conservatoire royal de Bruxelles
©BELGA

Toiture rongée, planchers troués, frissons d’hiver et vapeurs d’été appartiendront bientôt au passé du Conservatoire royal de Bruxelles (CRB). Les bureaux d’architectes chargés de la rénovation de ce joyau du patrimoine belge ont présenté ce mercredi la dernière mouture de ce projet initié en 2018 et qui devrait finalement se conclure une décennie plus tard. L’image est éloquente : la ministre fédérale Karine Lalieux (PS), le secrétaire d’État Mathieu Michel (MR), le Bruxellois Pascal Smet (Vooruit), le Flamand Ben Weyts (N-VA) et le Wallon Frédéric Daerden (PS) posent côte à côte devant la maquette du futur bâtiment, après un travail laborieux d’entente à tous les niveaux de pouvoir.

Décrépitude

"J'enseigne depuis 40 ans au Conservatoire royal de Bruxelles et, il y a 20 ans, nous signalions déjà avec mon collègue néerlandophone du KCB (Koninklijk Conservatorium Brussel, l'institution sœur néerlandophone, NdlR) l'état alarmant du bâtiment. Aujourd'hui, une étape cruciale a été franchie" , s'est réjoui Frédéric de Roose, directeur du CRB. Une décrépitude tellement avancée qu'elle a d'ailleurs inspiré à ses étudiants une exposition photo intitulée CRBeurk, visible jusqu'à jeudi.

Outre le délabrement général, les classes et locaux de répétition se font trop étroits pour le bon millier d'étudiants et les 400 enseignants du CRB et du KCB. Une rénovation de fond en comble s'imposait donc pour cet édifice de la fin du XIXe siècle, "presque aussi vieux que la Belgique", note M. de Roose, et ses maisons de la rue aux Laines remontant pour certaines au XVIIe siècle. Dans la nouvelle configuration, celles-ci abriteront une guest house, des loges pour les artistes qui se produisent en concert dans la Grande salle et les fonctions administratives des deux rôles linguistiques.

Restauration des parties anciennes et nouvelles constructions se mêleront harmonieusement dans une démarche respectueuse du patrimoine architectural et de l’environnement. Le nouveau bâtiment accueillera une salle de musique de chambre, une autre de répétition, des master classes, ainsi qu’une remise à vélos et un espace de stockage souterrains. Les archives, qui débordent des rayonnages, y bénéficieront de nouvelles facilités. Six jardins nourriront calme et biodiversité, tandis qu’une terrasse panoramique parera le toit de l’édifice. L’éclairage d’ambiance en soirée et l’ouverture de certains porches en journée créeront du lien avec la rue, tandis qu’un passage entre la rue aux Laines et celle de la Régence permettra aux étudiants et professeurs de circuler plus librement d’un bâtiment à l’autre. Un ascenseur à piano fera voyager le lourd instrument dans les diverses salles de concert et de répétitions.

Élèves, corps enseignant et habitants du quartier sont appelés à découvrir le projet complet au cours de deux séances d’information ce mercredi.

Le coût total s’élève à 75 millions d’euros, financés par les Communautés flamande et francophone (20 millions chacune), la Régie des bâtiments (20 aussi) et le maître d’ouvrage public bruxellois Beliris (15 millions).

L’introduction de la demande de permis unique est prévue pour la fin de l’année. Si elle est approuvée, le Conservatoire aura fait peau neuve en 2028. Le prestigieux orgue Cavaillé-Coll sera quant à lui démonté au printemps 2023 pour être restauré. (Belga)