Quand on lui demande s'il s'agit de la grande bataille de la culture en Comité de concertation ce vendredi, Bénédicte Linard indique tout d'abord que, selon elle, "aujourd'hui plus que jamais, la culture est la solution à la crise." Pour argumenter ses propos, la femme politique du parti Ecolo avance deux raisons. "Tout d'abord, les gens n'en peuvent plus. Non seulement les professionnels de la culture mais les jeunes également n'en peuvent plus. On voit que les chiffres de santé mentale explosent. La culture offre des espaces de respiration, d'échanges, des temps de rencontres... C'est la solution de la santé mentale."

Pour la ministre de la Culture, c'est aussi une question de santé publique. "Aujourd'hui, on voit que les Belges n'adhèrent plus aux mesures. Il vaut beaucoup mieux aujourd'hui avoir des activités organisées, encadrées, et c'est ce que la culture offre."

Est-ce que ce discours sera pour autant entendu par Frank Vandenbroucke, le ministre de la Santé ? Rien n'est moins sûr. "Nous tentons depuis plusieurs semaines de mettre sur la table tous les éléments tangibles qui démontrent comment la culture peut être la réponse aux problèmes actuels. Clairement, mon travail va s'arrêter aux portes du Codeco, mais la culture sera le cœur des travaux aujourd'hui et il faut que le plan qui a été déposé par le secteur puisse être mis en place."

Si elle se dit inquiète pour ce déconfinement culturel, Bénédicte Linard ne baisse pour autant pas les bras et attend des bonnes nouvelles. "En tout début de semaine en commission, j'étais inquiète. Désormais, je suis volontariste, car depuis cette rencontre avec le secteur culturel, je travaille à tous les étages pour faire en sorte que la culture soit entendue, soit reconnue et qu'elle retrouve sa place dans notre société." 

"La culture ne veut pas la révolution ni l'anarchie"

80 lieux ont déjà annoncé qu'ils allaient rouvrir leurs portes sans attendre une certaine date. "Je comprends et c'est tout à fait légitime de leur part. La culture veut montrer qu'il y a des injustices dans la gestion de la crise. C'est le rôle de la culture de dire ce qu'il se passe."

Des actions que la ministre cautionne donc, tant que cela reste bon enfant. "Ce sont des manifestations qui ont pour but de relayer un certain intérêt. Je suis légaliste et je pense que l'on doit respecter les règles. Ce que je constate, c'est que les manifestations qui ont eu lieu jusqu'ici, elles se sont faites dans le respect des règles sanitaires. La culture ne veut pas la révolution ni l'anarchie. Elle veut avoir l'occasion de se faire entendre."

A la question de savoir si les subventions seront retirées aux théâtres qui rouvriraient leurs portes avant la date autorisée, Bénédicte Linard répond du tac-au-tac. "Il est hors de question que je retire les subventions d'un secteur culturel car nous en avons besoin, même s'ils désobéissent aux règles."