Après avoir largué définitivement les amarres de l'UE le 31 décembre 2020, à l'issue d'une période de transition, le gouvernement a subi une pluie de critiques pour n'avoir pas négocié des voyages sans visa pour les artistes en tournée et leurs équipes dans le cadre d'un accord de libre-échange avec l'UE.

S'adressant à une commission parlementaire, la secrétaire d'Etat chargée de la Culture, Caroline Dinenage, a déclaré que si "la porte restait ouverte" à de plus amples discussions avec l'UE, parvenir à une solution concernant les 27 dans leur ensemble serait "très compliqué".

Elle a estimé que le gouvernement britannique aurait plus de chance de succès avec "des négociations avec des États individuels".

"Le plus gros problème est la question des permis de travail et cela relève vraiment de la compétence des États membres individuels. Et c'est pourquoi nous ciblons notre travail là-dessus", a ajouté Dinenage.

Les députés ont entendu le témoignage de représentants du secteur qui ont brossé un tableau sombre de leur avenir si les déplacements dans l'UE n'étaient pas facilités.

"Je pense que l'impact négatif du Brexit sur les industries créatives et en particulier sur les (artistes) indépendants est devenu encore plus brutal", a déclaré Deborah Annetts, directrice générale de l'Incorporated Society of Musicians.

"C'est désormais une crise. Nous pensons qu'il doit y avoir une discussion entre le gouvernement et la Commission européenne", a-t-elle ajouté, soulignant le double impact du Brexit et de la pandémie de coronavirus sur les artistes interprètes.

"Nous entendons des témoignages de gens qui disent des choses du genre: j'ai l'impression que je dois faire un choix entre être Britannique ou musicien", a aussi déclaré Paule Constable, membre du collectif de travailleurs indépendants Freelancers Make Theatre Work.

Une pétition soutenue par des stars britanniques pour réclamer une exemption de visas pour les professionnels de la musique et artistes a recueilli plus de 280.000 signataires.