Les artistes, on le sait, sont très inquiets. Non seulement, la non-indexation des contrats-programmes et les menaces sur les aides ponctuelles à la création frappent les artistes, mais, de plus, le régime favorable que le chômage leur accordait est remis en question depuis 2011 de manière chaotique, de même que la possibilité que le montant de leurs allocations reste constant.

 L’Onem a tenté de freiner la croissance des budgets de chômage pour les artistes, en modifiant d’autorité les règles. Dans le viseur principalement, les artistes créateurs et les techniciens. L’Onem a plusieurs fois changé ses règles, touchant 53 % des artistes actuellement au chômage. Faute de réponse politique, la parole était laissée au pouvoir judiciaire. Le tribunal du travail de Bruxelles, devait traiter 270 dossiers (!) relatifs à cette problématique et il devrait tenter d’en tirer une jurisprudence. 

Vendredi, le tribunal a donné à moitié raison aux artistes en jugeant discriminatoire l’exclusion par l’Onem des techniciens du spectacle du bénéfice de la "règle du cachet". Ils doivent en bénéficier comme les créateurs et interprètes. Par contre, il ne se prononce pas sur la demande d’intégrer dans la même règle du cachet les autres artistes, non du spectacle (plasticiens, écrivains, etc.). Le tribunal devra aussi encore se prononcer (avant le 28 juilllet) sur la "règle du bûcheron" qui permet à ces allocations aux artistes de se maintenir dans le temps.