En France, comme en Belgique, le secteur culturel se considère comme “l’oublié” de la crise liée au coronavirus. Environ 1,3 million de personnes y sont actives. Après la mobilisation de nombreuses personnalités et associations culturelles, le président français Emmanuel Macron, le ministre de la Culture, Franck Riester, et de ses collègues de l’économie, Bruno Le Maire, et du travail, Muriel Pénicaud, ont rencontré mercredi matin des artistes de différents domaines, avant d’annoncer une série de mesures et d’orientations.

Tout en annonçant une “année blanche”, appelée de ses vœux par le secteur culturel français, le président français a assuré qu’il va “donner suffisamment confiance” pour qu’“on n’en ait pas besoin” : “on va donner, avec beaucoup de projets, les heures” qui permettront aux intermittents “de ne pas activer ces dispositifs”. Il a annoncé une “volonté très concrète de consolider ce qui est formidable”, de “réinventer des choses qui ne fonctionnaient plus”, “d’en inventer de nouvelles et, au fond, de refonder véritablement une ambition culturelle pour le pays”.

Des mesures concrètes

Le président français a annoncé plusieurs mesures concrètes.

  • Maintien des droits des intermittents : Emmanuel Macron a plaidé notamment en faveur du prolongement du maintien des droits des intermittents du spectacle d’une année, au-delà des six mois où leur activité aura été “impossible ou très dégradée” suite à la crise du Covid-19, c’est-à-dire “jusqu’à fin août 2021”. “On s’engage sur les artistes auteurs, donc ils bénéficieront de l’exonération des cotisations pour quatre mois” a-t-il aussi précisé.
  • Fonds pour le cinéma : le président français a annoncé la création d’un fonds temporaire pour les tournages de cinéma, afin de pallier le refus des assurances de couvrir ceux-ci dans le contexte de l’épidémie de Covid. "On va mettre en place un fonds d’indemnisation temporaire […] qui pourra, au cas par cas, pour les séries, pour les tournages qui doivent être annulés ou reportés, nous aider à indemniser."
  • Centre national de la musique : le président a également fait savoir que le Centre national de la musique, "qui vient d’être créé et qui est très fragilisé par la période", allait être doté d’un budget supplémentaire à hauteur de 50 millions d’euros.

Accents européens

Le président français a aussi eu des accents européens, insistant sur la protection des œuvres européennes :

“Il faut encourager, densifier et relancer justement nos coproductions européennes et une Europe de la culture encore plus forte, dont on a besoin […]. On a besoin de défendre une créativité à l’européenne. Il y aura des grands prédateurs chinois, américains, avec d’autres modèles, d’autres sensibilités dans cette phase.

Le ministre de la culture, Franck Riester, a répété pour sa part que les librairies, disquaires, bibliothèques et médiathèques, galeries d'arts et certains musées rouvriront à partir du 11 mai. "Nous nous interrogerons fin mai si on peut aller plus loin dans le déconfinement en étant inventifs" a-t-il encore précisé.