L'association des commerçants liégeois regrette la prédominance de l'aspect financier

Georges Gerstmans, président de l'association des commerçants liégeois, a regretté jeudi "la prédominance de l'argument financier sur l'aspect géographique" dans la désignation d'Astana, la capitale du Kazakhstan, pour l'organisation de l'Exposition internationale 2017, au détriment de la candidature de Liège. "Les estimations prédisaient 6 millions de visiteurs pour cette exposition si elle se tenait à Liège, alors qu'Astana ne devrait pas recevoir la visite de plus de 2,5 millions de personnes. L'impact de l'Exposition internationale aurait pu être tout autre que celui qu'elle aura à Astana", déplore-t-il.

Georges Gerstmans rappelle l'opportunité économique extraordinaire que représentait cet événement s'il s'était tenu à Liège. "Plus de 2.100 emplois auraient été créés. Nous aurions pu bénéficier de retombées économiques, non pas durant trois mois mais bien pendant trente ans!"

Le président de l'association des commerçants liégeois évoque enfin la dynamisation des ventes et l'augmentation de la fréquentation des commerces de la ville qu'aurait apportées l'organisation de l'Exposition internationale 2017 à Liège.

Le projet d'une 1ère ligne de tram à l'horizon 2017 ne doit pas être abandonné

"Le projet d'une première ligne de tram à l'horizon 2017 ne doit pas être abandonné (...) Le calendrier ne doit pas souffrir de la disparition d'une date-butoir évidente", a remarqué le ministre wallon de l'Aménagement du Territoire, de l'Environnement et de la Mobilité, Philippe Henry, tout en manifestant sa "tristesse que Liège n'ait pas été retenue pour accueillir l'exposition internationale de 2017". "La candidature de Liège Expo était une bonne chose, l'équipe 2017 a bien mené sa barque, mais ce travail s'est hélas révélé insuffisant devant la puissance financière d'Astana", a-t-il remarqué.

Pour lui, il ne faut pas parler d'un échec mais bien d'un nouveau départ à donner à la Cité ardente. "La candidature avait ceci de positif qu'elle emmenait les différents acteurs politiques et économiques liégeois vers un objectif commun concerté et ambitieux, une dynamique qui doit à tout prix demeurer pour aider l'agglomération liégeoise à réussir son indispensable transition socio-économique", a commenté Philippe Henry, plaidant pour la mise en place d'une communauté urbaine.

"Il est temps de passer à l'acte. Donnons-nous dès maintenant, riches de l'expérience de cette candidature, les moyens pour donner à Liège l'avenir d'une métropole européenne digne de ce nom. Pour ce faire, il est plus que temps qu'une véritable communauté urbaine, où toutes les forces politiques sont représentées, prenne corps et se dote d'instances, de moyens et d'un calendrier de réunions afin de développer les projets qui permettront d'inscrire la région liégeoise dans un schéma véritablement métropolitain", a-t-il conclu.

"L'échec doit faire retomber la majorité les pieds sur terre"

L'exposition internationale 2017 sera finalement organisée à Astana, au Kazakhstan, qui a été préférée à Liège. "Cet échec doit faire retomber la majorité les pieds sur terre. Fini de rêver", a commenté le chef de groupe MR au conseil communal, Christine Defraigne. "Après le raté de 'Liège, capitale culturelle 2015' et le diktat socialiste qui imposait la candidature de Mons, voici hélas, l'échec de 'Liège 2017'. Et donc La fin d'une opération de communication", remarque le MR.

Pour l'opposition, la majorité doit maintenant se concentrer sur l'analyse de l'échec et sur la concrétisation des promesses qui avaient été faites aux Liégeois, mais pas de n'importe quelle manière. "Le Collège s'est en effet engagé à construire, quoiqu'il arrive, l'écoquartier à Coronmeuse, à revalider Bressoux, à requalifier Droixhe. Et le tram doit être finalisé. Mais il ne peut plus être question de précipitation à tout crin pour imposer aux Liégeoises et aux Liégeois des dossiers non finalisés", a conclu le MR, proposant de "maintenir la dynamique, mais d'en gommer les effets pervers et anti-démocratiques, que seule l'urgence de la candidature pouvait justifier".

"Malgré la défaite, il faut continuer à développer la relance de Liège"

"Malgré la victoire d'Astana à l'organisation de l'Exposition internationale 2017, il faut continuer à développer la relance de Liège", affirme Michel Hermans, professeur à HEC-ULg. "Certes, nous ne pourrons pas profiter des investisseurs qui auraient été à nos côtés en cas de victoire, mais la relance entamée ne doit pas s'arrêter là. A nous de faire connaître les autres potentialités de Liège et de sa région!" Michel Hermans s'attendait à un score serré dans un sens comme dans l'autre. "Le contexte économique actuel a peut-être eu son influence", explique-t-il. "Le Kazakhstan est un pays émergent qui regorge de richesses naturelles et qui se trouve aux portes de l'Asie.

Astana est une capitale riche et empreinte d'une grande modernité. Liège, a contrario, vient de voir son industrie sidérurgique s'écrouler", constate Michel Hermans. Près de 2,5 millions de visiteurs devraient se rendre dans la capitale kazakhe pour visiter l'exposition internationale. "Nous aurions reçu beaucoup plus de visiteurs à Liège étant donné la situation centrale de la ville et la politique de mobilité qu'elle a développée ces dernières années avec l'aéroport, les voies fluviales et autoroutières et le TGV. Se rendre à Liège n'est pas synonyme de prendre l'avion, au contraire d'Astana", indique le professeur d'économie.

Michel Hermans estime enfin que cette défaite est une opportunité manquée de donner un coup de boost à la relance de la ville et de son économie, indiquant que près de 2.100 emplois auraient été créés en cas d'Exposition internationale à Liège.

"A nous de mettre en pratique les idées développées, avec d'autres moyens"

"Ces derniers 24 mois, nous avons développé de nombreuses initiatives et développé de nouvelles idées. A nous maintenant de les mettre en pratique, mais avec d'autres moyens que ceux que nous aurait apportés l'exposition", a indiqué jeudi Pierre Coenegrachts, directeur général adjoint de l'Office de Promotion du Tourisme en Wallonie et à Bruxelles (OPT) à la suite de la désignation d'Astana, la capitale du Kazakhstan, à l'organisation de l'Exposition internationale 2017. "Cette Exposition internationale représentait une aubaine incroyable pour remettre Liège, et par extension la Belgique, en évidence aux yeux du monde", regrette le directeur général adjoint de l'OPT, qui se se félicite néanmoins de l'engouement "très positif" qui a entouré la candidature de la ville de Liège, estimant que "la Wallonie avait besoin de ce dynamisme" qui a entouré la candidature de Liège ces derniers mois.

"La gare de Liège, le musée 'Grand Curtius', l'Opéra de Wallonie tout juste rénové représentaient des fers de lance pour la promotion touristique de la ville de Liège. Cette Exposition internationale aurait également été profitable à toutes les structures touristiques déjà existantes et aux autres qui auraient été mises en place dans les années à venir", ajoute-t-il. "Après la désignation de Mons comme capitale culturelle 2015, accueillir l'Exposition internationale en 2017 représentait une aubaine pour apporter une image positive, dynamique et positive à la ville de Liège."

Pierre Coenegrachts regrette enfin que Liège ne puisse bénéficier de la portée mondiale de cette exposition. "Si ce ne sont les GP de Belgique de F1 et les grands départs du Tour de France en 2004 et en 2012, nous n'avions plus accueilli en Wallonie de projet nous donnant une visibilité internationale depuis l'Euro 2000 de football."

"Mobiliser les énergies"

"Nous n'avons pas de reproche à nous faire. Nous avons fait notre maximum pour décrocher l'organisation et nous avons été loin d'être ridicules", a réagi Bernard Rentier, le recteur de l'ULg, à la suite de la désignation d'Astana.

Pour le recteur de l'ULg, la désignation de Liège représentait une opportunité "unique" de faire connaître la ville dans le monde entier. "Cela aurait donné un éclairage énorme à notre ville et indirectement à l'ULg", a-t-il remarqué.

"Certes, Astana l'a emporté aujourd'hui", ajoute-t-il, "mais ces dernières années, à Liège, nous avons réalisé un travail considérable que nous n'aurions pas fait sans la candidature de la ville. Cela a permis de faire évoluer positivement le cadre dans lequel on vit et on fonctionne."

Bernard Rentier se félicite enfin de "la capacité qu'a eu la candidature de Liège à mobiliser les énergies, les moyens et l'animation derrière un projet mobilisateur. Nous avons appris à nous solidariser tous ensemble derrière un but commun."