Au lendemain du nouveau Comité de concertation, qu’il avoue ne plus suivre, Fabrice Murgia, le directeur du Théâtre National, en création au Central, à La Louvière, avec La dernière nuit du monde attendue à Avignon, réagit au "mépris" avec lequel la culture est traitée.

"Hier, c’était carrément exagéré. Il y a un mouvement de la culture qui s’annonce. Le secteur envisage de porter plainte contre l'Etat. Personnellement, je ne me positionne pas trop, car c’est au CA de décider, sans perdre de vue qu’il y a un millier de personnes aux soins intensifs. Il faut réfléchir à comment parler du mépris dont nous sommes victimes sans perdre l’adhésion du public. Les actions symboliques, c’est utile. Le National est toujours occupé et on sent une pression pour l’ouverture, mais cela reste interdit. On peut désobéir, mais il faut le faire de manière intelligente, et en sécurité. Le KVS annonce qu’il ouvrira du 26 au 30 avril, dans le respect des normes sanitaires, et avec le soutien du bourgmestre de Bruxelles. Si cela se passe, d’autres vont suivre. On parle aussi d’actions le premier mai et d’ouvrir les restaurants..."

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Le spectacle que Fabrice Murgia est en train de mettre en scène, écrit par Laurent Gaudé et coproduit par Central, résonne avec la pandémie et pose des questions autour de l’essentiel, puisqu’il s’agit d’une dystopie où l’homme pourrait ne dormir que 45 minutes par nuit, grâce à une pilule miracle.

"La nuit est-elle utile ou non? Ce qui est inutile n’est-il pas essentiel? A court terme, on peut peut-être se passer de théâtre. Mais sur le long terme, le manque de culture n’est pas quantifiable", déclare le metteur en scène.