Plus de 500 organisations du monde culturel belge expriment leur colère dans une carte blanche, également publiée mardi dans Le Soir. "La culture n'est pas une variable d'ajustement!", plaident-elles. "Il n'a échappé à personne que les restrictions ne s'appliquent pas de la même manière à différents pans de la société: certains sont considérés comme de simples variables d'ajustement et sont régulièrement mis à l'arrêt pour permettre à d'autres, jugés 'essentiels', de continuer à tourner", déplorent les signataires.

"Alors qu'aucune étude, aucun cluster n'ont montré que les lieux culturels seraient des foyers de contagion (...), on doute fortement que leur fermeture puisse contribuer à combattre l'épidémie", ajoutent les acteurs du monde culturel, qui rappellent que des protocoles stricts ont en outre été appliqués dès le mois de juin.

"Notre colère naît du désastre causé par cette deuxième mise à l'arrêt, alors que rien n'a été fait dans l'entre-deux pour soutenir efficacement le secteur des soins de santé." Le secteur dénonce un confinement "à géométrie variable", qui "privilégie de fait les géants de la distribution au détriment de l'économie locale, qui institue des habitudes virtuelles qui marqueront notre société pour longtemps, qui prend le parti de préserver la productivité et le temps salarié plutôt que le temps social et culturel."

"Il faut 'arrêter d'arrêter' à tout va", demande le monde culturel dans cette carte blanche. "'Vivre avec le virus', c'est répartir le poids des mesures sur l'ensemble de la société. Et s'il faut privilégier certains secteurs par rapport à d'autres, ce n'est certainement pas ceux choisis jusqu'ici par les autorités belges, mais plutôt ceux qui créent des liens dans le monde réel, qui font le tissu de nos territoires et de nos sociétés."