Politique

La ministre de la Culture Fadila Laanan (PS) a défendu mardi en commission du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles sa loyauté budgétaire vis-à-vis du gouvernement de la Fédération, face à un feu nourri de critiques Ecolo, CDH et MR sur les coupes, un temps envisagées, dans le budget de l’aide à la création artistique.

Face à la mobilisation artistique, elle a convenu la semaine dernière de maintenir les crédits consacrés à l’aide à la création des projets théâtraux à leur montant ajusté 2012, soit 1,13 million d’euros, ce qui nécessite un financement alternatif de 430 000 euros. Pour 340 000 euros, elle a invité les instances d’avis (CAD, CAPT) à s’accorder sur des pistes d’économies plus adaptées. Une réunion était prévue ce mardi après-midi. "S’il n’y a pas de décision concrète, commune, je prendrai une décision rapide, compte tenu de la volonté de protéger l’aide à la création", a assuré Mme Laanan. Elle a rappelé que de 2004 à 2009, le budget du développement de la politique théâtrale avait progressé de plus de 30 % et qu’elle avait conforté le refinancement de nouvelles conventions avec des compagnies ou des metteurs en scène. La solidarité gouvernementale la force aujourd’hui à être "totalement loyale vis-à-vis des engagements adoptés par l’ensemble du gouvernement", a-t-elle souligné. La députée Isabelle Meerhaeghe (Ecolo) a refusé que la ministre avance cet argument pour justifier le choix des coupes initialement annoncées dans le budget de la création. "Au sein des enveloppes budgétaires, ce n’est pas le gouvernement qui décide, c’est vous", a-t-elle affirmé. "Mais où fait-on l’effort si l’on veut éviter d’ouvrir le débat sur les conventions et les contrats-programmes ?" lui a renvoyé Mme Laanan. "Je ne suis pas ministre", a répondu Isabelle Meerhaeghe.

Elle voit toutefois dans la réunion du gouvernement prévue jeudi l’opportunité de revoir certains "tabous", évoquant les "30 millions d’euros" pour l’organisation de Mons, capitale culturelle de l’Europe en 2015. La Montoise Savine Moucheron (CDH), qui avait focalisé son interpellation sur la pérennité des soutiens culturels pour cet événement, a rappelé sa demande, "mais pas au détriment des jeunes artistes". Elle a aussi estimé que c’était bien la ministre qui pilotait le budget culturel, rejetant toute responsabilité partagée des partis du gouvernement dans le conflit avec les créateurs.