Bonne nouvelle pour les producteurs du cinéma et de l’audiovisuel et le secteur : le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) a validé samedi un Fonds de garantie destiné à pallier l’absence de couverture assurantielle pour les tournages. Il y avait urgence : l’été est traditionnellement une période de tournages intensifs. Plusieurs projets interrompus ou reportés par la crise du Covid-19 devraient donc reprendre dès le 1er juillet. L’un des premiers à reprendre devrait être Inexorable de Fabrice Du Welz, dès le 7 juillet.

Deux mois de négociations

Ce Fonds de garantie d’un montant de 5 millions d’euros a été adopté par un arrêté de pouvoirs spéciaux permettant d’utiliser le fonds St’art (Fonds d’impact pour la culture et la créativité) pour pallier le refus des compagnies d’assurances de couvrir les risques liés au Covid-19. Aucun réassureur mondial ne couvre pour l’instant le risque Covid.

Dans les faits, l’absence d’assurance engendrait un risque financier trop important pour permettre une reprise des tournages. Depuis plusieurs semaines, l’Union des producteurs francophones de films (UPFF) négociait l’adoption d’un tel fonds auprès du ministre du Budget Frédéric Daerden (PS) et la ministre de la Culture Bénédicte Linard (Ecolo) qui ont appuyé l’initiative.

“C’est deux mois de travail, résume Jean-Yves Roubin, président de l’UPFF, qui se réjouit : “Il y a eu une vraie prise de conscience au politique. Ce fonds permet de relancer toute l’économie du secteur : comédiens, techniciens, production. Nous avons calculé que les tournages qui pourront reprendre cet été représentent 66 millions de dépenses : ce n’est pas rien.” Le producteur se félicite aussi que le Fonds vienne in fine de la FWB, qui est compétente pour la culture.

Franchise et triple plafond

En pratique, cette garantie est destinée à indemniser les tournages commencés entre le 1er juillet et le 30 septembre 2020 qui seraient interrompus ou suspendus en raison de la crise sanitaire du Covid-19, interviendra déduction faite d’une franchise. Cette franchise, de l’ordre de dix pour cent du budget, responsabilise les producteurs. La garantie est triplement plafonnée : 1 million maximum d’indemnisation par film, 20 % maximum du budget total du film et, bien sûr, 5 millions maximum d’indemnisation pour le total des sinistres couverts.

De surcroît, le fait que le Fonds provient de la Fédération limite sa disponibilité aux films d’initiatives belges et aux coproductions qui reçoivent l’agrément du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel, dont avec un vrai impact artistique belge.

Un autre mécanisme à prévoir

Le Fonds de garantie ne couvre à ce stade qu’une période de 3 mois, afin de permettre qu’au terme de cette période, ce mécanisme d’urgence puisse laisser la place à un autre, porté soit entièrement par les assureurs, soit de manière conjointe entre les assureurs et les pouvoirs publics. Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles Pierre-Yves Jeholet (MR) a d’ailleurs annoncé que, pour la suite, les assureurs devront prendre leur responsabilités “avec les régions et le fédéral qui, au regard de leurs compétences économiques, devront aussi faire partie du prochain mécanisme.” “Pour la suite, la solution doit venir du fédéral, estime le président de l’UPFF. Le cabinet du ministre des Finances, Alexander De Croo (Open VLD) m’a contacté. La couverture devra concerner aussi les arts vivants.”