Environ 300 artistes, selon l'estimation de la police de Bruxelles-Ixelles, se sont rassemblés jeudi entre 14h00 et 15h00 devant la Bourse de Bruxelles dans le cadre de l'action "Still Standing", pour interpeller les décideurs sur leur situation après l'arrêt de leurs activités dû à la crise du coronavirus.

Les artistes ont réalisé de concert de multiples scénettes représentant leurs activités, dans une grande et joyeuse cacophonie, avant de se figer à l'heure de l'ouverture d'une session plénière à la Chambre qui doit évaluer des compensations pour le secteur. Alors que le monde recommence à bouger, la culture demeure à l'arrêt mais les artistes restent debout, voulaient-ils ainsi exprimer.

Le secteur culturel déplore n'avoir reçu aucun soutien financier jusqu'à présent, alors que ses activités sont en suspens depuis plus de trois mois et que les artistes contribuent autant à la sécurité sociale que n'importe quels autres travailleurs.

Le secteur rapporte beaucoup d'argent et sa juste rétribution n'est qu'une question de volonté politique, estime Thierry Bouüaert, auteur de BD, qui insiste sur le rôle sociétal de la culture. "On est là pour poser des question sur notre époque, pour s'interroger sur notre société."

"Maintenant que les artistes n'ont plus de travail depuis quatre mois, la réponse du politique est de dire qu'il va réfléchir. Alors que cela fait 20 ans qu'on demande un statut", déplore la plasticienne Noémie Goldberg, alias NoGold. "Des artistes ont dû recourir à l'aide sociale pour avoir à manger et on considère cela normal. C'est une position de déni par rapport à l'importance de la culture. (...) Entre les indépendants, les fonctionnaires, les ouvriers et les salariés, il faut nous trouver une place. On ne peut pas rester dans un no man's land."


Des actions similaires ont été organisées simultanément dans d'autres lieux emblématiques des grandes villes du pays.