Le Monty avait annoncé que vendredi, dans le cadre de l’action Stil Standing for Culture, il ouvrirait ses portes à 18 h pour proposer des spectacles, en dépit des interdictions et des pressions policière s. Alain Moreau, le fondateur du Tof Théâtre avait reçu un nouvel appel dans l’après-midi pour lui rappeler qu’il s’exposait, lui mais aussi le public venu sur place, à une verbalisation…

La police est venue pratiquement une heure à l’avance au rendez-vous et des agents en uniforme ont été postés tant devant l’entrée principale que devant les issues de secours. Pas question d’ouvrir, donc… " Je n’ai pas à commenter la situation: nous sommes là pour appliquer les directives. Voyez avec le procureur du Roi" , nous a répondu la policière en charge de la coordination de l’opération.

Durant plus d’une heure, les policiers ont gardé tous les accès au Monty tout en dialoguant avec Alain Moreau et des responsables de Still Standing for Culture. De l’autre côté de la route, une trentaine de personnes patientaient dans une ambiance plutôt bon enfant, espérant entrer et profiter des spectacles annoncés.

La situation ne s’est cependant pas débloquée… avant que le public se faufile jusqu’à la salle de spectacle en passant par un bâtiment voisin. Ce qui n’a évidemment pas échappé à la police, qui est intervenue à l’intérieur et a relevé l’identité de chaque spectateur. Tout s’est passé dans le calme et sans provocation, ni d’un côté ni de l’autre: les participants avaient pris le risque d’être verbalisé en connaissance de cause, s’agissant d’une action revendicative…


Ils vont sans doute se tourner vers Still Standing for Culture pour être défendus collectivement lorsqu’ils recevront leur PV.

" Quand on pense que vous êtes peut-être tous arrivés par le même bus, 30 personnes dans 45 m2 maximum, si c’est un bus à soufflet… , a expliqué Alain Moreau sur la scène pendant que la police procédait aux contrôles. Quand on pense que vous pouvez prendre l’avion, aller faire vos courses chez Cora ou chez Ikéa…"

Et de continuer: " Quand on pense que le droit à la culture est inscrit dans la déclaration des Droits de l’Homme et le principe de non-discrimination dans notre constitution. Quand on pense qu’aucun cluster n’a jamais été constaté dans une salle de spectacle durant la timide réouverture de l’été. Devons-nous organiser les funérailles des arts vivants pour que cinquante d’entre vous puissent entrer dans une salle de spectacle ? Êtes-vous venus pour enterrer la culture ? "

© Fifi