Allô, il y a quelqu’un ?” François Damiens essaie désespérément d’avoir une réponse dans la vidéo “No Culture No Future”, mise en ligne mardi, en fin de matinée. Son appel se noie parmi ceux de 450 autres cinéastes, interprètes, artistes, technicien.ne.s, attaché.e.s de presse et autres acteurs de la culture (connus ou anonymes). Leur mosaïque se fond dans une mire de télévision.

Comme nombre de professionnel.le.s de la culture, ils redoutent de devoir rendre l’antenne, faute de réponse. “Il est temps de nous écouter et d’agir !” clament-ils au nom des 200 000 travailleurs de la culture dans ce qui ressemble à un baroud d’honneur.

Prenant acte que leur diversité les déforce, plusieurs fédérations professionnelles (1) du secteur culturel se sont associées derrière ce slogan “No Culture No Future” qui a valeur de triste avertissement. Depuis quelques jours, celui-ci barrant la bonne vieille mire de fin d’antenne, circule sur les réseaux sociaux.

Cette vidéo, volontairement et symboliquement cacophonique de 450 acteurs du secteur, a été mise en ligne un peu moins de trois heures avant le début de la commission des Affaires sociales de la Chambre où quatre propositions de loi relatives à une réforme du mal nommé “statut d’artiste” (en réalité une disposition particulière du chômage).

La colère des professionnels est perceptible dans leur communiqué, qui en appelle “à une stratégie concertée” et à “la responsabilité” du Fédéral. La plateforme en ligne noculturenofuture.be, rappelle leurs revendications dont la mise en place d’une concertation directe avec le Fédéral, la création d’un fonds d’urgence fédéral dédié à l’ensemble des professionnels de la culture, l’adoption, comme en France, d’une “année blanche” au-delà de la période de crise pour l’obtention ou le renouvellement du “statut” dit de l’artiste, un chômage temporaire pour tous les professionnels ayant des contrats annulés ou reportés (au minimum sur l’année 2020), la création d’un fonds de garantie publique destiné à assurer le risque COVID sur les productions culturelles (que les compagnies d’assurances refusent d’endosser pour la plupart).

(1) Les fédérations regroupées sont : l'ARRF (Association des Réalisateurs et Réalisatrices Francophones), l'ASA (Association des Scénaristes de l’Audiovisuel), Hors champ (Fédération des métiers du cinéma et de l’audiovisuel), Pro Spere (Fédération des fédérations des créateurs de l’audiovisuel et du cinéma), l'Union des Artistes (Fédération des artistes du spectacle vivant et de l’audiovisuel et du cinéma), l'UPFF (Union des Producteurs Francophones de Films), l'ARPI (Association des Réalisateur. trice.s, Producteur. trice.s Indépendant.e.s), ArtistsUnited (Support&defense for artists&creatives), METAL (Mouvement des Etudiants Travailleurs des Arts en Lutte), NO CULTURE (Rassemblement de jeunes travailleur.euse.s du secteur culturel).