Politique

Un communiqué publié après le gouvernement de la Fédération Wallo-Brux, a douché les espoirs de ceux qui espéraient un effort pour les aides à la création en culture. "Comme le ministre-Président l’a indiqué lorsqu’il a reçu les représentants du collectif Conseildead, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a examiné ce jeudi la question des aides à la création dans les secteurs culturels. Après analyse des pistes d’économies proposées par la ministre de la Culture, le gouvernement confirme qu’elles résultent des décisions prises lors du conclave budgétaire des 25 et 26 octobre dernier. Le gouvernement tient à rappeler que tous les secteurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont appelés à participer solidairement aux efforts en vue d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2015."

Pas question donc de donner un "rabiot" à la culture en décrétant par exemple que les aides à la création sont des dépenses "obligatoires" et non "facultatives" (lire nos précédentes éditions), ce qui aurait entraîné de fait, une hausse du budget culture. Le gouvernement dans son ensemble renvoie donc aux mesures annoncées après le conclave et qui prévoyaient que la commission d’aide aux projets théâtraux (CAPT) disposera d’une enveloppe de 700000 euros (1,260 million en 2012), soit -45 %, le Conseil des musiques non classiques de 340000 euros (475000 euros en 2012) et le Conseil de la danse de 275000 euros (450000 euros en 2012).

Or, on se souvient que ce sont ces mesures qui ont suscité une intense émotion dans le monde culturel et une manifestation devant le cabinet de la ministre. Concrètement, la ministre gagne le fait d’être appuyée (ou poussée) par tout le gouvernement, les autres partis (et Rudy Demotte lui-même) ne pouvant plus la critiquer comme on l’avait vu encore au Parlement. Comme d’autre part, elle s’est engagée devant les représentants des artistes ("le groupe Conseildead") à ramener le niveau des aides à la CAPT au niveau de 2012 ajusté, soit 1,13 million d’euros, elle doit trouver 413000 euros ailleurs (pour la danse et les musiques non classiques, la problématique se présente autrement dit-on, et la ministre verra au cas par cas).

En recevant les artistes, elle avait déjà annoncé avoir trouvé 90000 euros d’autres économies : réduire de 65000 euros le budget relatif à la promotion, la recherche et la diffusion théâtrales (ce qui suppose la suppression de l’opération "Théâtre portes ouvertes" du 27 septembre, fête de la Communauté française) et de réduire de 25000 euros le budget d’équipement, ce qui amènera à n’accorder aucun budget d’équipement aux théâtres en 2013.

Fadila Laanan devra donc trouver encore 323000 euros ailleurs, dans d’autres budgets culturels. Dur. Car la marge de manœuvre budgétaire de la ministre est extrêmement étroite. Pas sûr que la contestation se calme.