Les recettes de billetterie des concerts ne pèsent que 800 euros en 2021. Les relevés effectués par cette société, qui couvrent quasi 100 % de l'activité musicale du pays et environ 50 % des prestations théâtrales, font donc office d'indicateur fiable de la vitalité de certaines disciplines culturelles.

Il en ressort que les recettes billetterie du premier trimestre sont passées de 70 millions d'euros en 2019 à 40,8 millions en 2020 (le confinement venait de commencer) et 7.964 euros en 2021. En un an, les recettes ont donc été divisées par mille, par près de dix mille en deux ans. Sans compter l'horeca sur lequel tablent ces opérateurs, relève Le Soir.

Si on compte non plus en termes de billetterie mais d'événements, la débâcle est similaire : de 21.215 événements culturels (musique et théâtre) recensés au premier trimestre 2019, on tombe à 14.230 événements en 2020 et 135 en 2021. Les revenus du streaming qui ont éventuellement accompagné des prestations devenues virtuelles n'ont rien compensé.

Ce sont les concerts de musique qui ont le plus lourdement été frappés par la crise. Toujours pour le seul premier trimestre de chaque exercice, les recettes de billetterie sont passées de plus de 29,3 millions en 2019 à 20 millions en 2020 et 800 euros en 2021.

Si la musique a perdu vingt millions par trimestre, le théâtre professionnel a subi pour sa part une perte de plus de dix millions : ses revenus sont passés de 10,3 millions d'euros au premier trimestre 2020 à moins de 6.000 euros au premier trimestre 2021. Les festivals, le théâtre amateur, la musique classique, etc., ont eux aussi perdu un peu plus de 10,4 millions d'euros de billetterie.

Depuis le début de la crise du covid, calcule la Sabam, la perte essuyée par les événements culturels belges est d'au moins 360 millions d'euros, auxquels s'ajoute au bas mot, pour les artistes, une perte de 27,8 millions en droits d'auteur. Et ce ne sont que les chiffres de la Sabam. Pour une estimation nationale, il conviendrait probablement de doubler l'estimation des pertes du théâtre.

"Il faut avoir bien conscience que nous sommes dans un état d'extrême urgence", commente la CEO de la Sabam Carine Libert. "Le temps n'est plus à la discussion mais à la prise de décision (...) ; le secteur tout entier a atteint un point de non-retour".