Le Nobel, c'est une histoire de traditions. Et l'une de celles-ci, c'est le fameux coup de fil passé par Monsieur Smith - et ce n'est pas un pseudonyme -, membre du Comité Nobel, pour annoncer la bonne nouvelle de vive voix au lauréat. Évidemment, à l'autre bout du fil, cela ne répond pas toujours. Et certains lauréats apprennent donc leur "victoire" de façon plus ou moins surprenante. Morceaux choisis.

Le tweet

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), dont le siège est à La Haye, s'est révélée injoignable par téléphone pour le Comité Nobel vendredi matin. Toutes les lignes téléphoniques de l'OIAC étaient occupées, probablement en raison des nombreux messages de félicitations qu'a reçu l'Organisation. Le Comité Nobel a donc décidé de chercher une solution via Twitter. "Veuillez prendre contact avec nous, nous essayons désespérément de vous joindre", disait en substance le message posté sur Twitter par le Comité Nobel à l'adresse de l'OIAC.


La voisine bienveillante

Le physicien britannique Peter Higgs, récompensé mardi par le prix Nobel de physique, a confié vendredi à Edimbourg avoir appris sa victoire dans la rue lorsqu'une ancienne voisine l'a abordé pour le féliciter.

Alors qu'il rentrait de déjeuner, cette ancienne voisine est sortie de sa voiture à Edimbourg.

"Elle m'a félicité pour la nouvelle et j'ai dit +oh, quelle nouvelle? +", a-t-il rapporté au cours d'une conférence de presse à l'Université d'Edimbourg.

"Elle m'a dit que sa fille l'avait appelé de Londres pour la prévenir que j'avais obtenu ce prix. J'en ai ensuite appris davantage en rentrant chez moi et en commençant à lire les messages."


Le message sur le répondeur

Ce cru 2013 des Nobel est décidément riche en annonces farfelues. Alice Munro, lauréate du prix Nobel de littérature, n'échappe pas à la règle. Lorsque le comité Nobel a fait sonner son téléphone, la romancière n'a tout simplement pas répondu. Et que fait le Comité dans ce cas-là? Eh bien il laisse un message, tout simplement.


"J'ai découvert que j'étais un couillon"

En 2008, l'Académie n'était pas encore passée au Voicemail. Du coup, quand Martin Chalfie ne répond pas au téléphone, Smith ne lui laisse pas de message. Il faut dire que le biologiste vit à New York, et qu'il était, selon ses propres dires, "beaucoup trop tôt pour répondre". Chalfie s'est donc levé un peu après six heures, et s'est rappelé que le prix Nobel de chimie devait avoir été remis. Et pour savoir "quel était le couillon qui avait reçu le prix cette fois", l'Américain a ouvert son laptop, et s'est rendu compte que "le couillon, c'était lui".


Le coup de fil en pleine nuit

Saut dans le temps, direction 1998. Cette année-là, le prix Nobel d'économie revient à l'Indien Amartya Sen. Au moment où le Comité lui passe un coup de fil, il est cinq heures du matin. Sen répond en panique. Il faut dire que le lauréat est surtout connu pour être un expert des guerres: "J'ai directement pensé que quelque chose de très grave avait dû se passer. [...] Et puis, je l'ai remercié et j'ai dit que j'avais besoin d'une tasse de café."


Le commandant de bord

En 1991, Richard Ernst est dans un avion entre Moscou et New York au moment où il reçoit le prix Nobel de chimie. Il apprend donc qu'il est primé par l'intermédiaire du...commandant de bord: "Le capitaine est venu vers moi et il m'a dit que j'avais gagné le prix. Alors, je suis allé dans le cockpit pour parler à la radio avec ma famille."