"Malgré les annonces des procureurs et les pressions de certains bourgmestres, 131 lieux et organisations en Wallonie et à Bruxelles ont accueilli du public entre le 30 avril et le 8 mai, après 6 mois de mise au placard. Certains de ces lieux ont dû faire face à des pressions politiques ou à des interventions policières. Mais la grande majorité des actions s'est déroulée sans encombres, la police n'ayant soit pas pointé le bout de son nez, soit s'étant contentée de relever l'identité d'une personne membre de l'organisation", précise-t-il.

Non-autorisées par les autorités, ces manifestations ont accueilli un public nombreux, visiblement prêt à assumer le risque d'être verbalisé. "Dans le Brabant wallon, le gouverneur s'est montré particulièrement strict, et à Charleroi, des responsables de lieux culturels sont désormais convoqués chez le procureur. Nous contesterons les potentielles amendes, ensemble, en espérant que cette occasion permettra de faire constater par la justice le caractère discriminatoire des mesures imposées aux activités culturelles", poursuit le collectif.

Selon ce dernier, seul le bourgmestre d'Etterbeek, Vincent De Wolf (MR), a pris un arrêté d'interdiction des actions prévues. Pour le reste, "des bourgmestres de toutes les principales familles politiques francophones ont toléré ces ouvertures culturelles, reconnaissant implicitement la légitimité de cette action. On se demande dès lors comment le Codeco de ce mardi pourra encore justifier la fermeture du secteur culturel par des arguments sanitaires et combien de temps il pourra persister dans la sémantique des "assouplissements" plutôt que des rééquilibrages", ajoute-t-il enfin.