Une grande nuit blanche à Bruxelles

La nuit de samedi à dimanche risque bien d'être chaude et festive à Bruxelles. La capitale se lance à son tour dans une opération `nuit blanche´ qui a fait ses preuves en Espagne et qui s'étend un peu partout.

Guy Duplat

La nuit de samedi à dimanche risque bien d'être chaude et festive à Bruxelles. La capitale se lance à son tour dans une opération `nuit blanche´ qui a fait ses preuves en Espagne et qui s'étend un peu partout. `Face au sentiment d'insécurité qui gagne le centre des villes, explique Mario Gotto, l'instigateur de la démarche, on peut soit fermer la ville et multiplier les policiers, soit réinvestir la ville avec des projets culturels et festifs´. C'est cette attitude que l'Espagne adopte depuis quelques années. En 2000, ce projet `Hasta el Amanacer´ avait attiré 400.000 jeunes pour cette `nuit blanche´. Les organisateurs n'en espèrent pas autant ici, pour leur coup d'essai, mais ils attendent cependant quelque 20.000 personnes. En Espagne, il s'agissait de lutter contre la drogue et la violence par cette activité. Ici, l'opération est un vrai manifeste pour la ville, pour sa convivialité, sa créativité. `Nous voulons montrer que la ville, la nuit, n'est pas un coupe-gorge´.

La liste des activités proposées est si longue qu'il est impossible ici de la résumer. Il y en aura pour tous les goûts, à toutes les heures de la nuit (programme sur www.nuitblanche.org). Citons, au hasard, un grand bal populaire à la Gare du Nord jusqu'à 5 h du matin, un défilé de mode dans le métro de la porte de Namur de minuit à 1h, un podium musical à Recyclart, à l'ancienne Gare de la Chapelle.

Plusieurs musées sont ouverts toute la nuit (MIM, Atomium, Maison du roi), un gigantesque petit-déjeuner aux Halles de Schaerbeek, un spectacle prometteur de minuit à une heure au Béguinage (`360° à l'ombre´). Des contes urbains seront proposés dans plusieurs théâtres (Varia, l'L, le Poche) mais aussi à Matonge ou au Petit château. On pourra même pratiquer du sport: les bains de Bruxelles seront ouverts toute la nuit, comme le mur d'escalade à la place Monrichar. N'oublions pas les 40 concerts, les DJ's. Bref, il s'agit d'apprivoiser la nuit.

80 associations

`Notre but est tout public, explique Mario Gotto. Certes, nous visons les jeunes, mais pas seulement. Nous voulons multiplier les rencontres intergénérationnelles, et nous espérons que les jeunes n'iront pas uniquement écouter les concerts, mais en profiteront pour visiter les musées. Quatre-vingts associations ont participé à la mise au point de cette nuit´. Les grandes lignes de la Stib rouleront toute la nuit. Un pass à 10 € (8 € en prévente) permet d'avoir accès à tout.

Mario Gotto, qui dirigeait le Ciré et qui s'était battu pour les sans-papiers, a repris les anciennes éditions Vie ouvrière, qu'il a rebaptisé `Vista´. Mais son objectif est de pérenniser l'initiative pour multiplier les `nuits blanches´. On en prévoit une l'an prochain à Liège et Seraing. L'initiative a été appuyée par quantité de ministres (presque tous P.S.), de Demotte à Picqué.

© La Libre Belgique 2002


Tél.: 02/2236528 et www.nuitblanche.org