Luc Dumont s'est mis sur son «Trente-deux/ dix»

L.B.

Le ciel, le soleil, la mer. Deux amoureux au bout du monde ou proches l'un de l'autre. Elle et lui, dorés. Et, précise Luc Dumont, pour donner le ton de son nouveau spectacle, ils auront beaucoup d'enfants. Tagadam! Ils auraient voulu, ils auraient espéré. Ils se souviennent. Ils n'ont pourtant que 20 ans.

D'amour, finalement, on ne parle pas souvent aux adolescents.

Niché dans le créneau depuis belle lurette, le Liégeois Luc Dumont, du Zététique fondé en 86, est un des premiers à avoir cru au théâtre pour adolescents. Parce qu'il avait eu l'occasion de travailler avec des jeunes autour de la violence. L'agression, subie plutôt que portée, la fugue, la quête d'identité sont autant de sujets déjà abordés par cet artiste fragile et touchant avec ses airs de Léotard.

A l'heure où les spectacles pour adolescents sont croissants à Huy, ce spécialiste du genre et vieux de la veille si l'on ose dire, nous parle d'un secteur à part et surtout de son goût de plus en plus grand pour l'écriture.

Artiste en résidence à la très convoitée Chartreuse d'Avignon, il a enfin pu se consacrer entièrement à l'exigeante maîtresse qu'est la langue française, toujours prête à trahir son plus fidèle serviteur.

Habitué à porter plusieurs casquettes, Luc Dumont était content de poser toutes les autres deux mois durant pour peaufiner les travaux en cours: un texte pour adultes et une pièce pour ados.

Qu'ils soient à la prestigieuse Villa Médicis de Rome ou à la Chartreuse d'Avignon, les artistes, musiciens, auteurs ou peintres adorent ou redoutent l'isolement désiré pour créer en toute sérénité.

«Moi, cette vie en cellule m'a vraiment plu. J'ai l'impression d'avoir plongé dans l'écriture, frénétiquement. Je n'ai eu aucun problème pour m'accrocher à ma table, d'autant qu'il fallait avoir déjà commencé un projet pour obtenir une bourse. Si j'avais dû partir de rien, cela aurait peut-être été différent. Rencontrer et discuter avec d'autres auteurs, qui travaillent parfois en théâtre jeune public, comme Eric Durnez, qui était là en même temps que moi, était passionnant»

Après des débuts plus proches de l'improvisation et de l'écriture collective, Luc Dumont s'est donc senti attiré par cette expression, palliant ainsi, en partie du moins, une des carences du théâtre jeune public. On reproche en effet souvent au genre de manquer de répertoire; raison pour laquelle la maison d'édition Lansman cherche à valoriser les textes de jeune public via la collection «Théâtre jeune public», notamment. Cet été, tous les professionnels du secteur découvriront «Trente-deux/dix». Comme une quinzaine d'autres spectacles pour cet âge-là. La concurrence sera rude mais parions qu'elle sera riche.

© La Libre Belgique 2003