Faire son marché théâtral à Ittre

Ce week-end aura lieu à Ittre, le traditionnel marché du théâtre. Selon son concepteur, Leonil Mc Cormick, on attend de 30.000 à 40.000 personnes qui viendront voir et entendre une centaine de spectacles gratuits. De quoi faire son shopping avant la prochaine saison et sortir des sentiers habituels.

Guy Duplat
Faire son marché théâtral à Ittre
©Etienne Scholasse

Ce week-end aura lieu à Ittre, le traditionnel marché du théâtre. Selon son concepteur, Leonil Mc Cormick, on attend de 30.000 à 40.000 personnes qui viendront voir et entendre une centaine de spectacles gratuits. De quoi faire son shopping avant la prochaine saison et sortir des sentiers habituels.

Ce qui est devenu un évenement culturel de l'été, est né il y a huit ans d'une idée de Leonil Mc Cormick et Bernard d'Oultremont. Ils avaient visité le «Theater market» d'Amsterdam où, en plein marché aux fleurs, les théâtres font leur bonniment pour leur prochaine saison. Mais on n'y montrait pas les pièces. Le théâtre de la Valette a donc initié la même chose mais en proposant en plus, aux visiteurs des spectacles gratuits, en entier ou en extraits, de quoi mettre l'eau à la bouche et aider les spectateurs à faire leur choix dans l'offre théâtrale.

En huit saisons, le nombre de spectateurs s'est accru pour atteindre plus de 30.000 personnes en un week-end. Il y a de plus en plus de spectacles proposés. Des jeunes troupes viennent à Ittre, faute d'autres moyens de marketing, pour montrer ce qu'elles font. «Certaines troupes ont été invitées en Avignon, raconte Leonil Mc Cormick, d'autres au Québec, un groupe d'étudiants de l'IAD a présenté des extraits d'un futur spectacle et a pu le réaliser grâce au marché du théâtre».

Il y a aujourd'hui, dix lieux de spectacles disséminés dans le joli village d'Ittre (des parkings de dissuasion sont installés à 500 m du centre). Un lieu est ainsi destiné aux humoristes, un autre au théâtre amateur bien distingué du théâtre profesionnel, un troisième est dédicacé à la chanson française avec la Biennale de la chanson. Un autre lieu est plus spécialisé dans le théâtre pour enfants.

Des absents de poids

L'an passé avec l'aide du ministre Pierre Hazette, a été créé à Ittre, l'expérience «De vive voix» où des lecteurs lisent des romans et s'invitent ensuite dans des écoles.

Tous les théâtres ne sont pas là (le programme officiel du marché du théâtre est encarté dans «La Libre Culture» d'aujourd'hui): le National qui était pourtant venu avec grand succès, les théâtres de Liège et de Mons, sont absents regrette Leonil Mc Cormick. Mais il y a par contre une troupe espagnole de Barcelone, une autre de Carcasonne et un public venu des quatre coins du pays, ajoute-t-il.

Le problème des intermittents en France et l'incertitude dans laquelle se trouvent les compagnies de théâtre belges pèseront-ils sur ce marché? (lire aussi notre interview du ministre Ducarme). «Je ne le pense pas, dit Leonil Mc Cormick, même si la situation de nos artistes est pire que celle en France. Et pour nos théâtres il ne faut pas se faire d'illusion, la crise économique pèse et l'art ne viendra qu'après les programmes d'emploi et de reprise économique. Pourtant, le théâtre est plus que jamais une nécessité, mais il faut le concevoir comme un divertissement intelligent, qui fasse partager des émotions plus que de donner des leçons».

© La Libre Belgique 2003

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