Paw danse sur la patte d'oie

L.B.

Paw» comme, librement traduit, la patte d'oie, le point de réunion de plusieurs allées divergentes ou les ridules au coin des yeux qui laissent trace. Là s'inscrira aussi l'écriture spatiale de la Compagnie Iota qui offre chaque fois au jeune public une approche novatrice; et ce, qu'elle privilégie le toucher, le tissage ou l'art graphique.

On se souvient par exemple avec bonheur, de «Dos au mur» et «Iota danse». La danse est pour Iota un terrain de recherche, terrain en forme de damier de bois, terrain cette fois triangulaire , circulaire, carré.

Fil rouge entre l'équilibre et le point de non retour, quatre artistes se croisent, se rencontrent, se déchaînent sur des musiques allant jusqu'au rock, basse électrique et contrebasse. Une réelle énergie se dégage de «Paw», une des très belles suprises de Huy cette année.

On se réjouit de voir cette compagnie d'origine flamande persévérer dans la voie qu'elle a dessinée, avec des choix audacieux, des créations plus introspectives et d'autres, comme celle-ci plus explosive et plus accessible.

Pétillante de malice

On sent une réelle authenticité dans la volonté artistique qui force le respect. Jeu de changements minuscules, lents, vifs ou violents, arrêts sur image, redémarrages en force, pirouettes effrénées, les quatre danseurs dégagent force et vitalité.

Jeroen Baeyens, chorégraphe de «Iota Danse» et de «Paw», qui a notamment travaillé avec Thierry Smits et Frédéric Flamand mêle puissance virile et humanité.

Mitsiko Shimura nous perd agréablement dans ses longs cheveux noirs volant avant elle et Caroline Cornélis pétille de malice tandis que le musicien Joël Grignard, placide, offre l'équilibre.

La danse se passe au milieu des enfants, tout près d'eux parfois, dans cette volonté de renvoyer à soi, avant toute autre référence.

C'est l'ici et maintenant qui est privilégié même s'il en reste assurément quelque chose le lendemain.

© La Libre Belgique 2003