Un trentenaire au sommet de son art

La fête des artistes de Chassepierre connaîtra ce week-end sa 30e édition. En apogée, un spectacle inspiré de Pic Pic André: «Panique dans la prairie».

Un trentenaire au sommet de son art
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C.Pt

S i ça vous a plu, dites-le à vos amis.» Il faut croire que cette recommandation, donnée par la compagnie Punch is not dead, a été suivie à la lettre, bien avant l'édition de l'année dernière. Depuis 30 ans que la fête des artistes envahit le village de Chassepierre, l'événement attire, à chaque édition, un public de plus en plus serré. Surtout, son rayonnement s'est élargi: confidentiel à ses départs, il focalise aujourd'hui l'attention de milliers de personnes, venues souvent des quatre coins du pays.

Un pont sur la Semois

Les arts de la rue reprennent leurs droits dans les artères du village gaumais, pour une trentième édition qui se promet festive en diable. Sans perdre pour autant son caractère convivial: c'est là le défi principal des organisateurs. Pas évident quand on se targue d'accueillir trente mille têtes le temps d'un week-end, des têtes curieuses, adoratrices du beau geste, avides de spectacles et d'étonnement. Est-ce parce que le risque d'étouffement pointait? Toujours est-il que pour mieux accueillir son public, la fête des artistes élargit son terrain de jeu, au-delà de la limite toute naturelle que constitue la Semois. Ainsi des spectacles prendront-ils place dans un nouvel emplacement, qu'on pourra rejoindre, dans le bas du village (à l'espace Breux), via une passerelle jetée par-dessus la rivière aux multiples méandres.

«Le plus ancien festival du genre en Europe», selon ses organisateurs, ne se contente pas de s'agrandir. Pour souffler ses trente bougies, il accentue encore son caractère festif, avec une série de créations spécialement créées pour l'occasion. Après avoir fait connaître le Commandos percus il y a deux ans, et notablement dérouté en 2002 avec Amoros et Augustin, Chassepierre veut rendre hommage, le samedi soir, à un artiste local, internationalement reconnu, le créateur de films d'animation Vincent Patar. Né - le sait-on? - au village tout proche de Les Bulles, il est le créateur avec Stéphane Aubier des séries Pic Pic André. «Panique dans la prairie», tel est le titre de cette célébration, prendra la forme d'un spectacle original mêlant dessins d'animation et séquences de cirque, présentées par différentes écoles de la Communauté française.

Edition rétrospective

Mais il n'aura pas fallu attendre la tombée du jour, samedi, pour s'en mettre plein la vue et plein les oreilles. La bien-nommée fanfare des «Gens bien de chez nous» n'y sera d'ailleurs pas pour rien. Composée essentiellement d'habitants du village et de la région, elle viendra rappeler que la fête des artistes appartient aux nombreux bénévoles qui la rendent possible. Chaque année, les deux cents citoyens que compte Chassepierre se coupent en quatre pour sa fête. Parfois oubliés, ceux-ci trouvent donc un porte-voix utile, qui n'aura rien à envier aux autres créations, comme celle d'Yvan Bayer en équilibre vertical... sur le clocher de l'église du village.

Edition anniversaire, cette fête des artistes permettra à des compagnies ayant marqué son histoire de s'illustrer à nouveau, telles Excuse Cie, Leandre, Collard Joseph, Okidok 2, ou l'inoubliable Mister Jones. Une rétrospective qui n'éludera pas les dizaines d'autres spectacles, parfois déambulatoires (comme la compagnie Outre rue), parfois complexes et acrobatiques, d'autres fois extrêmement simples et plus proches du théâtre que de la performance sportive. Il y a de tout, pour tous les âges, à Chassepierre: 50 compagnies et 300 artistes annoncés: des jongleurs, des contorsionnistes, des illusionnistes. Boulimiques des arts de la rue, à vos assiettes!

© La Libre Belgique 2003


Fête des artistes de Chassepierre. Les 23 et 24 août. Infos: 061.31.45.68.